RDC : comment le TP Mazembe a remporté son deuxième trophée d’affilée

« Robot » (au centre), mascotte des « 100 pour 100 », le club de supporters du TP Mazembe. © Pierre Boisselet pour JA

Samedi à Pretoria, le TP Mazembe a remporté pour la seconde année consécutive la Coupe de la Confédération africaine de football face aux Sud-Africains de SuperSport United. Un trophée que les Congolais ont su aller chercher grâce à un gros mental.

Depuis la création de la Coupe de la CAF en 2004, née de la fusion de la Coupe des Coupes et de la Coupe de la CAF, seul le CS Sfax était parvenu à conserver son titre (2007, 2008). Samedi soir à Prétoria, le TP Mazembe a égalé la performance du club tunisien en préservant le maigre avantage acquis une semaine plus tôt dans son stade-forteresse de Lubumbashi (2-1). En Afrique du Sud, où près de 5 000 supporteurs des Corbeaux demeurant dans le pays s’étaient rendus grâce aux bus mis à leur disposition par Moïse Katumbi, les Corbeaux ont terminé la compétition invaincus, après un ultime match nul face à SuperSport United (0-0).

Obligation de résultat

L’année avait pourtant mal débuté pour les Congolais, sortis de la Ligue des Champions dès leur entrée en lice par les Sud-africains de CAPS United (1-1), un échec marqué par la démission quasi-immédiate de l’entraîneur français Thierry Froger, nommé un mois plus tôt.

 Le TP Mazembe avait peut-être moins de talent que les années précédentes, mais beaucoup plus de force mentale

Depuis son exil européen, Moïse Katumbi avait préféré confier la direction de son équipe, reversée en Coupe de la Confédération, à Pamphile Mihayo, un ancien joueur du club successivement adjoint de Diego Garzitto, Patrice Carteron, Hubert Velud et Thierry Froger plutôt qu’à un entraîneur étranger. Avec, comme d’habitude, des objectifs élevés à atteindre, malgré des moyens financiers revus à la baisse.


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« Au TP Mazembe, on vous demande toujours de gagner des titres », avait déclaré à Jeune Afrique le jeune technicien quelques jours après son intronisation. Avec cette Coupe de la Confédération, les Congolais ont remporté leur onzième titre continental, à l’issue d’un long parcours (quatorze matches) sans la moindre défaite (neuf victoires, cinq matches nuls).

« Cela a été un vrai parcours du combattant, avec des matches difficiles. Le TP Mazembe avait peut-être moins de talent que les années précédentes, mais beaucoup plus de force mentale, d’abnégation », analyse un observateur.

Sans la présence de son président et principal bailleur de fonds, les Corbeaux ont bâti leur succès grâce à une grosse solidarité. Pamphile Mihayo, bombardé en première ligne avec son staff technique – David Mwakasu et l’ancien gardien historique Robert Kidiaba – a remporté à 41 ans son premier trophée d’envergure, en sachant gérer l’ancienne génération et les jeunes venus de l’Académie. Certains joueurs ont, comme toujours dans la conquête d’un titre, joué un rôle important.

Le gardien ivoirien Sylvain Gbouhouo en fait partie, même si une blessure l’a éloigné des terrains plusieurs semaines. Le défenseur latéral droit Djos Issama Mpeko, également international congolais, vif et porté sur l’offensive (deux buts), ou le Malien Salif Coulibaly ne sont pas étrangers à la solidité affichée par l’équipe lors de son parcours (six buts encaissés).

La révélation Malango

Parmi les autres joueurs clés, on peut également citer les milieux  zambiens Rainford Kalaba, même s’il a parfois manqué de régularité, et Nathan Sinkala, revenu endurci d’un exil européen difficile (Sochaux en France et Grasshopper Zürich en Suisse).

L’attaquant malien Adama Traoré, qui a marqué un but lors de la finale aller, fait également partie des joueurs qui pourraient prochainement rejoindre un championnat européen. Cette Coupe de la Confédération a également permis au jeune Ben Malango (24 ans) de se construire une petite réputation. L’ex attaquant du CS Don Bosco a marqué six buts, dont celui qui a permis aux congolais d’éliminer les Marocains du FUS Rabat en demi-finale (1-0, 0-0).

Le TP Mazembe, qui tentera de remporter la quatrième  SuperCoupe d’Afrique de son histoire en février prochain face au WAC Casablanca, vainqueur de la Ligue des Champions 2017, espère le prochain retour de Moïse Katumbi à Lubumbashi.

« Son absence est évidemment préjudiciable, car c’est le patron. Certaines personnes, comme le manager général Frédéric Kitengie, le secrétaire général Dony Kabongo, François Nkuba, le représentant du club à Kinshasa et même Héritier Yindula ont dépassé leurs fonctions pour permettre au TP Mazembe d’être en ordre de marche », explique une source locale. La question qui se pose désormais concerne les moyens financiers dont disposera le club l’année prochaine. Et la réponse dépend en partie de la présence ou non du Boss…

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