Côte d’Ivoire : les exportateurs de cacao évitent les régions frontalières au Ghana

Par Jeune Afrique

Des cabosses de cacao. Image d'illustration. © Cancillería del Ecuador/ CC/Flickr

Certains exportateurs de cacao en Côte d'Ivoire refusent d'acheter en avance des fèves dans les régions frontalières au Ghana, car la contrebande rend ces opérations non viables, rapporte Bloomberg.

Les exportateurs de cacao en Côte d’Ivoire ne pré-financent plus les acheteurs et coopératives à proximité du Ghana, car les planteurs préfèrent vendre leurs fèves dans ce pays frontalier où le prix proposé est bien supérieur, rapporte Bloomberg qui cite des sources anonymes. De fait, ces exportateurs craignent de ne pas pouvoir se procurer assez de fèves pour recouvrer leurs financements.

La zone concernée génère près de 15% de la production totale de la Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de cacao.

Différentiel de prix

La différence de prix entre les deux pays, qui dépasse 30%, incite les planteurs ivoiriens à passer leur récolte en contrebande vers le Ghana.

Le Ghana, deuxième producteur mondial de cacao, a maintenu le prix payé aux planteurs à 7600 cedis (1735 dollars) la tonne de fève, dans un contexte de chute des cours qui a contraint Abidjan à diminuer de plus d’un tiers le prix payé à ses agriculteurs. Lequel équivaut désormais à 1270 dollars la tonne.

Selon les prévisions du Conseil du café cacao (CCC), organe de régulation de la filière ivoirienne, la Côte d’Ivoire pourrait perdre un cinquième de sa récolte, soit 400 000 tonnes, à cause de ce différentiel, avait dévoilé Bloomberg en septembre.

Des exportateurs et négociants interrogés par Reuters estiment qu’entre 80 000 et 100 000 tonnes de fèves ivoiriennes ont déjà été passées en contrebande, majoritairement vers le Ghana, depuis que le CCC a diminué le prix « bord champs » au début de la campagne intermédiaire, en avril dernier.

 

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