Cameroun : la version des évêques sur la mort de Jean-Marie Benoît Bala contredite par l’autopsie

Par Jeune Afrique

Le corps de Mgr Jean-Marie Benoît Bala, 58 ans, évêque de Bafia (centre) au Cameroun, avait été repêché vendredi 2 juin 2017, dans les eaux du fleuve Sanaga. © UJung by Wikimédia Commons

Le procureur général auprès de la Cour d'appel camerounaise a livré ce mardi les résultats de l'autopsie de l'évêque Jean-Marie Benoît Bala, retrouvé mort dans le fleuve Sanaga le 2 juin dernier. Dans un communiqué, il indique que la noyade est la cause la plus probable du décès. Une conclusion qui vient contredire les allégations des évêques camerounais.

Plus d’un mois après la mystérieuse disparition de l’évêque Jean-Marie Benoît Bala, les premières conclusions de l’enquête judiciaire ont été révélées mardi 4 juillet. Dans un communiqué, Jean Fils Ntamack, le procureur général près de la Cour d’appel du Centre a assuré que des « autopsies ont été pratiquées sur la dépouille mortelle de l’Évêque de Bafia » par deux médecins légistes étrangers. Arrivés au Cameroun le « 29 juin 2017 », ils n’ont relevé aucune trace de « violence sur le corps du défunt » et conclu « que la noyade était la cause la plus probable du décès de l’évêque », selon le texte.

Le vendredi 2 juin dernier, le corps de Mgr Jean-Marie Benoît Bala, 58 ans, évêque de Bafia, dans le centre du pays, avait été repêché dans les eaux du fleuve Sanaga par un pêcheur malien. D’après les témoignages de ses proches, l’évêque avait quitté son diocèse à bord de son véhicule trois jours plus tôt, le mardi soir. Le lendemain, son véhicule avait été découvert au niveau du pont du fleuve Sanaga. Un message, supposément rédigé par Jean-Marie Benoît Bala, avait été retrouvé sur le siège avant du véhicule avec ses papiers d’identité. Sur le bout de papier, il était simplement écrit : « Je suis dans l’eau. »

Les évêques du Cameroun avaient rapidement réfuté la thèse du suicide. Le 13 juin dernier, lors d’une réunion extraordinaire à Yaoundé, ils avaient même assuré que celui-ci avait été « brutalement assassiné » et dénoncé un « crime odieux et insupportable ». Cette conclusion s’appuyait selon eux sur les « premiers constats », mais n’ont pas donné plus de précisions permettant d’étayer leur version des faits.

La justice assure néanmoins que les investigations « en vue de déterminer les circonstances exactes de ce drame se poursuivent ». Les conclusions finales de l’enquête ouverte pour mort suspecte seront portées « le moment venu à la connaissance du public ».

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