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Environnement : les forêts africaines toujours plus menacées

Vue aérienne du parc des Virunga, en RDC. © AP/SIPA

Le continent abrite le deuxième poumon de la planète. Une ressource économique et environnementale pourtant mise en danger. À moins de cent jours de la COP 21, un rapport des Nations unies montre que la déforestation reste un enjeu écologique majeur pour l'Afrique.

Les tronçonneuses poursuivent leur oeuvre sur le continent. Si le dernier rapport de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) montre un ralentissement jugé encourageant de la déforestation dans le monde, il n’en va pas de même pour l’Afrique. De 2010 à 2015, près de trois millions d’hectares de surface forestière ont disparu chaque année. Et parmi les dix pays du monde où la forêt a le plus perdu en superficie ces quinze dernières années, quatre sont africains :

Le bassin du Congo, deuxième poumon de la planète 

Un phénomène inquiétant, qui affecte particulièrement les grands espaces forestiers. À commencer par le bassin du Congo, deuxième poumon de la planète, qui représente à lui seul l’écrasante majorité de la surface tropicale du continent. Et malgré les ressources engendrées par la foresterie – jusqu’à 13% du PIB pour les pays tropicaux -, la déforestation se poursuit à un rythme soutenu.

Passez la souris sur les pays pour découvrir le recul de la forêt entre 1990 et 2015 (en milliers d’hectares par an).
Nous n’avons retenu que les pays où la déforestation était supérieure à 10 000 hectares par an .

Mais le bassin du Congo n’est pas la seule région où la forêt décrépit. Les espaces boisés au sud du Sahel, barrière de protection contre la désertification, sont également en diminution.

C’est le cas du Nigeria, premier État africain producteur d’huile de palme. Pressuré par l’urbanisation et l’agriculture, l’espace forestier du pays le plus peuplé d’Afrique diminue à un rythme accéléré. Le taux de perte annuel d’hectares forestiers rapporté à la superficie ne cesse d’ y augmenter. Il en va de même pour le Togo, l’Ouganda, le Mali ou encore le Tchad.

La mauvaise gestion publique mise en cause

Si l’agriculture est en grande partie responsable de la déforestation, c’est surtout la mauvaise gestion des forêts qui est pointée par la FAO. « Sur le continent, presque 94% de la forêt est gérée par le secteur publique avec des fonds insuffisants : l’État n’a pas les moyens de s’en occuper », explique Dominique Reeb, chef du département foresterie de l’institution onusienne. Conséquence, la coupe et l’exploitation illégale de bois restent peu contrôlées. « Lorsque la forêt est gérée par les populations locales et les agriculteurs, ces derniers la protège car elle leur permet de créer des ressources financières, comme c’est déjà le cas dans certaines régions de Namibie ou de Gambie », poursuit Dominique Reeb.

D’autres pays ont adopté des législations plus contraignantes. C’est le cas du Liberia, qui a signé fin 2014 un accord bilatéral avec la Norvège pour développer une agriculture « zéro déforestation ». Objectif : préserver les zones boisées des projets agro-industriels gourmands en surface forestière tels que l’exploitation de l’huile de palme.

Environ 15% des émissions de gaz à effet de serre 

Reste que la plupart des pays « sont encore dans le déni », explique Frédéric Amiel, chargé de la campagne forêt chez Greenpeace. « Si la déforestation se poursuit à ce rythme, le résultat sera dramatique. À terme, cela entraînerait la disparition de tout un écosystème. Il faut bien comprendre que la déforestation et le changement climatique sont liés », poursuit Frédéric Amiel.

Autant de raisons qui explique que la déforestation, responsable d’environ 15% des émissions de gaz à effet des serre – soit plus que les transports – sera l’un des enjeux majeurs de la COP21.

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