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Gilles Manceron : « L’État français a tout fait pour ne pas reconnaître le massacre du 17 octobre 1961 »

Mis à jour le 7 octobre 2022 à 10:43

Lundi 17 octobre 2011, Français et Algériens commémorent le 50e anniversaire d’un épisode sanglant de l’histoire coloniale. En 1961, une manifestation de la Fédération de France du Front de libération national (FLN) est violemment réprimée dans la capitale française, sur ordre du préfet de police de Paris, Maurice Papon. Bilan officiel : trois morts, alors que déjà plusieurs voix s’élèvent pour dénoncer une véritable tuerie, programmée contre des manifestants pacifiques. De fait, selon les historiens, de 150 à 200 personnes ont péri ce jour-là sous les balles des forces de police. En France pourtant, pendant des décennies, le silence règne autour d’un événement qui n’a jamais été reconnu par les plus hautes autorités de l’État.

A la fin des années 1980, les travaux des chercheurs sortent progressivement la tragédie de l’oubli. Bien avant cela, en 1962, Marcel Péju et son épouse Paulette avaient tenté de publier un ouvrage sur les témoignages des survivants. Mais il faudra attendre 49