Diplomatie

Hubert Védrine : « Le monde d’après ne doit pas être synonyme de retour à l’anormal »

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Mis à jour le 15 juin 2020 à 10h58
L’ancien ministre français des Affaires étrangères, Hubert Védrine, dans les bureaux de son cabinet de conseil en stratégie géopolitique, à Paris, en 2020.

L’ancien ministre français des Affaires étrangères, Hubert Védrine, dans les bureaux de son cabinet de conseil en stratégie géopolitique, à Paris, en 2020. © Eric DESSONS/JDD/SIPA

À quoi ressemblera notre planète après le passage de la météorite Covid ? Pour l’ancien ministre français des Affaires étrangères, aucun doute : l’inquiétude aidant, elle sera gagnée par « l’écologisation ».

Son prochain livre, intitulé sobrement Et après ?, sort dans trois semaines chez Fayard. Un essai sur la bataille de l’après-Covid-19, dans un monde où « rien ne sera exactement comme avant ».

Secrétaire général de la présidence sous François Mitterrand, puis ministre des Affaires étrangères de Jacques Chirac avant de fonder, en 2003, son cabinet de conseil en stratégie géopolitique, Hubert Védrine demeure, à 72 ans, une voix qui compte en France dès que l’on évoque les affaires du monde.

Apprécié pour son pragmatisme et son réalisme, régulièrement consulté par Emmanuel Macron (et, avant lui, par François Hollande et Nicolas Sarkozy), ce conférencier recherché souffle aussi à l’oreille des grands patrons du CAC 40.

Ni tout à fait de gauche, ni vraiment de droite, cet énarque pour qui l’avenir de l’espèce humaine réside dans l’« écologisation » du monde est aussi un diplomate au regard acéré. D’où l’intérêt de lui poser cette question : « Et après » ?

Jeune Afrique : Dans votre livre Le Monde au défi, paru en 2014, vous écriviez que la communauté internationale était un objectif et pas encore une réalité. Diriez-vous aujourd’hui que cette cohésion est en train de se former du fait de la crise sanitaire, ou est-ce l’inverse ?

Hubert Védrine : Ni l’un ni l’autre pour le moment. C’est la première fois dans l’Histoire que l’humanité tout entière a peur de la même chose. Cette crise laissera donc des traces, bonnes ou mauvaises.

Pour le moment, on a l’impression que l’impatience de redémarrer comme avant la pandémie l’emporte, mais c’est une impression superficielle : la prise de conscience écologique que j’appelais de mes vœux dans Le Monde au défi n’a cessé de progresser, et, l’inquiétude aidant, elle va faire un bond en avant.

Une évaluation systématique de la façon dont tous les gouvernements et les institutions ont géré l’apparition de la pandémie, le confinement, le déconfinement, devra être faite. De même pour la coopération en matière de thérapie et éventuellement de vaccin.

En tout cas, l’idée du retour à la normale, ou à l’anormal, ne passe pas. Les idéologues de la mondialisation sont fébriles à l’idée qu’on la corrige un peu, mais les praticiens ont déjà intégré la nécessité de l’écologisation. Évidemment, cela ne se fera pas du jour au lendemain, c’est un processus.

La pandémie illustre-t-elle l’émergence d’un modèle chinois exportable ?

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