Politique

Coronavirus : l’OMS de Tedros Ghebreyesus sous le feu des critiques

Le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé, lors d’une visioconférence, à Genève, le 16 mai.

Le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé, lors d’une visioconférence, à Genève, le 16 mai. © Christopher Black / World Health Organization/AFP

Critiqués de toutes parts, l’OMS et son patron, l’Éthiopien Tedros Adhanom Ghebreyesus, ont-ils failli à leur mission ou, au contraire, évité le pire ? Une enquête devra le déterminer.

Lorsqu’il monte à la tribune pour clore la 73e Assemblée mondiale de la santé, organisée à Genève les 18 et 19 mai mais suivie en ligne par la plupart des délégués, Tedros Adhanom Ghebreyesus, 55 ans, arbore un large sourire.

Sa tenue vestimentaire, elle, détonne : le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a délaissé ses sobres costumes gris pour leur préférer une chemise bleue à motifs bariolés. Hommage aux infirmières de l’État polynésien de Tonga, qui devaient assister à la réunion mais en ont été empêchées par la pandémie de coronavirus, explique-t-il, avant de remercier les pays membres pour leur « soutien » et de rappeler que, si « la pandémie a mis à l’épreuve et tendu les liens d’amitié entre les nations, elle ne les a pas rompus ».

Un bel exercice d’unanimisme et d’optimisme. Du moins en façade. Car, en coulisse, l’assemblée virtuelle a été le théâtre d’affrontements farouches et s’est conclue sur une première : la résolution finale, élaborée en grande partie par les représentants européens, prévoit l’ouverture d’un « processus d’évaluation impartiale, indépendante et complète » sur la façon dont l’OMS a coordonné la « riposte sanitaire » à la pire crise de son histoire : celle du Covid-19.

Inféodé à la Chine ?

Cette décision est une tentative de réponse aux critiques – souvent américaines – qui se sont multipliées ces dernières semaines. À la mi-avril, les États-Unis ont suspendu leur contribution financière à l’OMS. Plus récemment, ils envisageaient même de la quitter au motif qu’elle aurait failli à sa tâche et, sans doute plus grave à leurs yeux, qu’elle serait entièrement à la remorque des autorités chinoises.

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