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Cet article est issu du dossier «Infrastructures : huit grands chantiers qui vont changer la donne»

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BTP & Infrastructures

Infrastructure : Niger-Bénin, le pipeline de la croissance [5/8]

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Ici, les premiers tuyaux réceptionnés a Cotonou, en février 2020.

Ici, les premiers tuyaux réceptionnés a Cotonou, en février 2020. © DOC ORTB VIA YOUTUBE

Cet oléoduc de près de 2 000 kilomètres, qui va doper la capacité d’exportation pétrolière nigérienne, devrait permettre aux deux pays de connaître un développement socio-économique considérable. Cinquième opus de la sélection JA des projets majeurs de BTP de l’Afrique francophone.

Résumé L’oléoduc est produit dans la région de Diffa (Sud-Est) par la China National Petroleum Company (CNPC), qui finance le projet. Il reliera les champs pétrolifères nigériens d’Agadem au port en eau profonde de Sèmè-Podji, au Bénin, suivant un parcours de 1 982 km – 1 298 km en territoire nigérien et 684 km sur le sol béninois. D’une capacité de transport de 4,5 millions de tonnes par an, soit 35 millions de barils, l’ouvrage comportera huit stations de pompage, six au Niger et deux au Bénin.

Pipeline Niger-Bénin

Pipeline Niger-Bénin © Jeune Afrique

Importance stratégique L’infrastructure devrait permettre au Niger de sextupler sa capacité actuelle d’exportation d’or noir, qui est de 20 000 barils par jour, et de toucher quelque 610 millions d’euros de recettes fiscales à l’horizon 2025.

Le Bénin tirera de l’exploitation de l’ouvrage plus de 300 milliards de F CFA (460 millions d’euros) comme droit de transit et recettes fiscales pour les vingt premières années d’exploitation du pipeline. À l’instar du Niger, le Bénin bénéficiera de la construction d’infrastructures sociocommunautaires (salles de classe, centres de santé, etc.) dans les 17 communes et 152 villages et quartiers que traversera le projet sur son territoire. Dans les deux pays, environ 3 000 emplois seront créés durant la construction de l’ouvrage, et la phase de son exploitation mobilisera entre 350 et 500 agents.

Avancement du chantier Mis en œuvre par CPPE, filiale de CNPC, le chantier est en phase de démarrage depuis son inauguration officielle, en septembre 2019. Après une première livraison de tuyaux pour le pipeline, à la fin de février 2020, l’approvisionnement en matériel depuis la Chine a été interrompu par la pandémie de Covid-19. Les études ont été finalisées, mais les travaux, qui devaient commencer le 15 mars, n’en sont qu’à leurs balbutiements.


Font partie de cette sélection des projets déjà engagés, ayant un impact économique structurant pour leur pays et l’ensemble de la région. Du ferroviaire au portuaire, en passant par les villes nouvelles, les barrages, les axes routiers ou les pipelines, ces chantiers mobilisent des consortiums, souvent menés par des groupes internationaux, principalement chinois et européens. Mais ces derniers font tous appel à des partenaires et à des sous-traitants locaux, dont l’expertise technique a fortement progressé au cours des cinq dernières années. Les plus expérimentés de ces groupes africains de BTP – tels le marocain SGTM, l’algérien Cosider ou encore le burkinabè CGE – sont désormais eux aussi « chefs d’orchestre » de grands programmes d’infrastructures.

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