BTP & Infrastructures
Visite du chantier de la gare du TER, à Dakar, le 2 février 2018.

Cet article est issu du dossier

Infrastructures : huit grands chantiers qui vont changer la donne

Voir tout le sommaire
Économie

Avec Nachtigal, le Cameroun fait le pari d’une électricité enfin moins chère [2/8]

Réservé aux abonnés
Mis à jour le 16 juin 2020 à 15:36

Projet de Nachtigal © NHPC

L’installation hydroélectrique délivrera une puissance de 420 MW – de quoi couvrir 30 % des besoins énergétiques du Cameroun. Deuxième opus de la sélection JA des projets majeurs de BTP de l’Afrique francophone.

Résumé Le projet hydroélectrique de Nachtigal, du nom des chutes éponymes, situées à 65 km au nord-est de Yaoundé, apportera au Cameroun une capacité de 420 MW. Il est constitué d’un barrage principal, long de 1,5 km, sur le fleuve Sanaga, permettant de dériver l’eau vers un canal de 3 km jusqu’à l’usine hydroélectrique. L’énergie qui sortira des sept turbines fournies par GE, dès 2023, sera transportée par une ligne construite par Bouygues Énergies & Services.

Barrage de Nachtigal

Barrage de Nachtigal © Jeune Afrique

Importance stratégique  À 6 centimes d’euro le kilowatt/heure, soit presque moitié moins qu’actuellement (11 centimes), il sera capable à lui seul de couvrir un tiers des besoins du Cameroun en électricité. Ce qui va soulager un Réseau interconnecté sud (RIS) – qui comprend notamment Yaoundé, capitale en plein essor –, incapable jusque-là de répondre à une demande croissante de 7 % par an.

Avancement Environ un quart des travaux a pour l’instant été réalisé, dont la base-vie des ouvriers du chantier et les installations industrielles de fabrication de béton et de concassage. L’aménagement d’un bras de la Sanaga et le creusement du canal ont démarré en décembre 2019, tout comme le chantier d’installation de la ligne à haute tension.


Font partie de cette sélection des projets déjà engagés, ayant un impact économique structurant pour leur pays et l’ensemble de la région. Du ferroviaire au portuaire, en passant par les villes nouvelles, les barrages, les axes routiers ou les pipelines, ces chantiers mobilisent des consortiums, souvent menés par des groupes internationaux, principalement chinois et européens. Mais ces derniers font tous appel à des partenaires et à des sous-traitants locaux, dont l’expertise technique a fortement progressé au cours des cinq dernières années. Les plus expérimentés de ces groupes africains de BTP – tels le marocain SGTM, l’algérien Cosider ou encore le burkinabè CGE – sont désormais eux aussi « chefs d’orchestre » de grands programmes d’infrastructures.