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Cet article est issu du dossier «Le Burkina à l'heure de la mobilisation générale»

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Mines

L’industrie aurifère burkinabè, championne de la résilience

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Mis à jour le 12 juin 2020 à 11h59
Le gisement détenu par Endeavour Mining à Houndé (Ouest) est entré en production en décembre/2017.

Le gisement détenu par Endeavour Mining à Houndé (Ouest) est entré en production en décembre/2017. © Anne Mimault/REUTERS

Ébranlées par l’insécurité et la crise sanitaire, les producteurs d’or ont ralenti leur activité dans le pays. Pourtant, les perspectives restent positives grâce à la bonne tenue des cours mondiaux.

Ces cinq dernières années, le Burkina Faso a considérablement augmenté sa production d’or, qui est passée de 35 tonnes (t), en 2015, à 52,6 t, en 2018, puis à 50,3 t, en 2019, hissant le pays au quatrième rang des producteurs d’or du continent. Les miniers sont cependant inquiets.

« Les activités d’exploration subissent de plein fouet les conséquences de l’insécurité et du Covid-19 », explique le président de la Chambre des mines du Burkina (CMB), Tidiane Barry. La plupart des opérations d’exploration, qui sont essentielles au renouvellement du potentiel minier, sont ralenties, voire totalement gelées. Le développement de la mine de la junior canadienne Orezone Gold à Bomboré (Centre) est également freiné par la crise sanitaire, l’opérateur ayant réduit ses effectifs sur le site de 700 personnes à 30.

Avec quatorze mines industrielles exploitées, le Burkina table sur une production de 60 tonnes en 2020

Quant à la production de la mine de la Société d’exploitation minière en Afrique de l’Ouest (Semafo) à Boungou (Est), elle a été suspendue pendant plusieurs mois. Le 6 novembre 2019, une embuscade contre un convoi de cinq cars transportant du personnel vers la mine, et pourtant escorté par l’armée, a causé la mort de 38 personnes.

Depuis, le producteur d’or canadien a été racheté par son compatriote Endeavour Mining pour 640 millions de dollars (585 millions d’euros). Au début de février, il a repris ses activités à Boungou, mais a minima, se contentant de traiter les stocks de minerai déjà extraits sur le site, pour une production d’environ 1 t par trimestre. En raison du transport par hélicoptère des équipes sur le site depuis la ville de Fada et de la construction d’une piste d’atterrissage, les coûts d’exploitation de la compagnie ont été multipliés par six.

Vitalité du secteur

Malgré ce climat d’insécurité persistant, le secteur minier burkinabè maintient sa vitalité. Il bénéficie notamment de la très bonne tenue des cours mondiaux de l’or, qui ne s’est pas démentie depuis le début de l’année. « Notre secteur minier demeure résilient. Pour 2020, nous pensons voir une hausse globale de notre production d’or, estime Toussaint Bamouni, directeur exécutif de la CMB. Celle-ci devrait atteindre environ 60 t, avec l’entrée en production des mines de Sanbrado (de l’australien West African Resources) et de Niankorodougou. »

Ce dernier site – détenu à 90 % par le canadien Teranga Gold Corp., via sa filiale Wahgnion Gold Operations, et à 10 % par l’État – a nécessité un investissement de 244 millions de dollars. Sa production s’élève à 3,6 t par an.

« Nous assistons à des développements importants le long des ceintures aurifères les plus prolifiques du Burkina Faso, où les sociétés ont connu de grands succès dans l’exploration, explique Adama Barry, directeur national de Teranga Gold. C’est le cas en particulier dans la ceinture de roches vertes de Houndé, où nous enregistrons de bons résultats et espérons construire notre troisième mine. »

À la fin de 2019, le secteur a atteint un chiffre d’affaires cumulé de 1 540 milliards de F CFA (plus de 2,3 milliards d’euros). Le Burkina compte désormais quatorze mines d’or industrielles en phase d’exploitation, dont les plus emblématiques sont celles des canadiens Iamgold, à Essakane, et Semafo-Endeavour, à Mana.

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