Justice

Tunisie – Habib Karaouli : « La mauvaise gouvernance est plus onéreuse que la corruption »

Réservé aux abonnés | | Par - à Tunis
Mis à jour le 09 juin 2020 à 11h32
Habib Karaouli, PDG de Cap Bank, en Tunisie.

Habib Karaouli, PDG de Cap Bank, en Tunisie. © © Nicolas Fauqué

Économiste et PDG de Cap Bank, Habib Karaouli met en garde contre les limites et les effets pervers du discours anticorruption. Alors même que les milieux d’affaires tunisiens redoutent le lancement par le ministre Mohamed Abbou d’une nouvelle opération « mains propres ».

Ministre d’État en charge de la Fonction publique, de la gouvernance et de la lutte contre la corruption, Mohamed Abbou est l’homme chargé de remettre la probité au cœur de l’économie tunisienne. « Il ne s’agit pas de campagnes, ni de propager la peur mais plutôt d’instaurer un état de droit sans lequel la Tunisie ne progressera pas », insiste Abbou, qui peine malgré tout à rassurer les milieux d’affaires.

Les investisseurs, eux, craignent que l’opération « Mains Blanches » se solde par une dangereuse campagne anti-entreprises qui mettrait définitivement à genoux la capacité de rebond de la Tunisie. Rencontre avec Habib Karaouli, PDG de CAP Bank et vice-président du Club des dirigeants des banques africaines.

Jeune Afrique : Quel est l’impact des campagnes « mains propres » sur le climat des affaires ?

Habib Karaouli : Le climat de suspicion n’est pas de nature à rassurer les investisseurs, d’autant que l’argent est comme les rats : au moindre bruit, il se cache. Dans le contexte actuel, qui viendrait régénérer son investissement ?

« Avant de s’indigner, il faut s’assurer que l’on est digne », recommandait l’abbé Pierre. On ne le dira jamais assez : l’exemplarité de l’État est fondamentale. Or il ne respecte pas lui-même la réglementation en vigueur. Le ministre des Finances a annoncé, sans ambiguïté, que les fournisseurs de l’État ne seraient pas payés ; si cela avait été le fait d’entreprises ou de citoyens, ces derniers auraient été immédiatement condamnés. Cette dichotomie est difficilement tenable.

Que l’État n’honore pas ses engagements est même un pousse-au-crime. C’est à lui, en premier lieu, de respecter les règles ! D’autant que ce même État est présent dans plus de secteurs qu’il ne faut. Il doit veiller à ne pas créer des distorsions sur le marché.

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