Transport aérien

Tewolde GebreMariam (Ethiopian Airlines) : « Nous voulons devenir la compagnie officielle d’Alibaba en Afrique »

Le DG (ici, le 21 avril) a en janvier dernier entamé sa dixième année à la tête de la compagnie.

Le DG (ici, le 21 avril) a en janvier dernier entamé sa dixième année à la tête de la compagnie. © Michael Tewelde/AFP

Futur aéroport d’Addis-Abeba, extension de la flotte et du réseau, diversification… Malgré la crise, le patron de la première compagnie du continent maintient le cap sur ses objectifs et, fort de liens toujours plus privilégiés avec la Chine, affiche de grandes ambitions.

C’est un Tewolde GebreMariam se décrivant comme « très combatif » qui s’est entretenu avec Jeune Afrique. Après l’épreuve du crash du Boeing 737 Max en 2019, c’est la crise du coronavirus « d’une magnitude sans précédent » que doivent affronter Ethiopian Airlines et son DG.

Si la compagnie a continué de voler vers la Chine, épicentre de l’épidémie, alors que la plupart des grands acteurs avaient interrompu leurs liaisons, ses avions-cargos sont apparus sur les écrans du monde entier pour avoir participé à « l’effort de guerre » contre l’épidémie. Sur les tarmacs de nombreux aéroports africains, mais aussi en Espagne, en Italie ou au Portugal, c’est en effet l’une des premières à avoir livré du matériel sanitaire en provenance de Chine.

Une souplesse dans la reconversion temporaire de ses activités qui, si elle ne l’éloigne pas des difficultés qui frappent l’ensemble du secteur aérien, ne fait que l’encourager à poursuivre la diversification de ses activités engagée depuis une dizaine d’années. Alors qu’il ignore la date et l’ampleur de la reprise, Tewolde GebreMariam maintient son cap sans ciller. Reste à savoir si, dans un ciel africain où les victimes s’annoncent nombreuses, Ethiopian Airlines peut être l’architecte de la reconstruction du secteur.

Jeune Afrique : Votre compagnie a perdu 500 millions de dollars entre janvier et avril. À combien s’élèvent ses pertes aujourd’hui ?

Tewolde GebreMariam : Ce ne sont pas des pertes financières mais plutôt un manque à gagner, car nos avions sont cloués au sol. C’est ce que nous aurions généré si nous avions opéré avec nos pleines capacités. On peut estimer que ce manque à gagner s’élève à 1 milliard de dollars au 15 mai. Nous ne connaissons pas l’ampleur de nos pertes. C’est au mois de juin que sera clôturée notre année financière.

Notre stratégie de diversification est la bonne, car elle nous aide à surmonter cette période

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