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Cet article est issu du dossier «Le Burkina à l'heure de la mobilisation générale»

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Politique

Présidentielle et législatives au Burkina : comme un parfum de campagne

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Mis à jour le 09 juin 2020 à 09h20
Le président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré dans la salle d’audience du palais de Kosyam, à Ouagadougou.

Le président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré dans la salle d’audience du palais de Kosyam, à Ouagadougou. © Sia KAMBOU / AFP

À moins de six mois des scrutins présidentiel et législatifs burkinabè, les partis commencent à élaborer leurs programmes, et les états-majors à choisir leurs candidats.

Si l’opposition a dénoncé « des tâtonnements et des incohérences » dans la gestion de la crise sanitaire et regrette que l’exécutif n’ait pas pris plus de précautions pour la reprise des activités économiques, qu’elle estimait toutefois nécessaire, la classe politique est en revanche unanime sur le maintien du calendrier électoral, qui prévoit des élections présidentielle et législatives le 22 novembre. Depuis le début de mai, l’enrôlement des électeurs a repris, et les états-majors des partis politiques préparent leurs programmes.

En rangs dispersés

L’opposition ira aux élections en rangs dispersés, certes, mais convaincue de rallier à sa cause les mécontents du quinquennat Kaboré, notamment les déçus de la gestion de la crise sécuritaire et, désormais, ceux de la gestion de la pandémie. Pour les deux scrutins, le président sortant et le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) devront affronter des partis et des personnalités fortes, dont Zéphirin Diabré, chef de file de l’opposition et président de l’Union pour le changement (UPC,), Eddie Komboïgo, président du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), et Gilbert Noël Ouédraogo, leader de l’Alliance pour la démocratie et la fédération-Rassemblement démocratique africain (ADF-RDA). Sans oublier quelques individualités comme l’ex-Premier ministre Kadré Désiré Ouédraogo (CDP) ou encore Ablassé Ouédraogo (Le Faso autrement).

Le MPP et ses alliés, qui s’appuient sur un meilleur maillage du territoire, disposent d’une longueur d’avance. Ragaillardi par un bilan économique plutôt positif et un plan quinquennal qui a permis au pays d’afficher un rythme de croissance soutenu malgré la crise sécuritaire et les luttes syndicales, Roch Marc Christian Kaboré n’a pas perdu son aura. « Il apparaît plus que jamais comme le rassembleur qui, plus que les autres, est capable de réunir les Burkinabè. Donc il peut être réélu, mais il lui faudra une alliance pour gouverner », commente un observateur.

Pour prétendre à un second mandat, le président sortant devra convaincre qu’il est capable de ramener la sérénité et la stabilité. « Pour l’instant, déclare-t-il à Jeune Afrique, je ne suis pas sur le terrain en train de faire de la politique. Ma mission est d’être au-dessus des partis. Je dois continuer à avancer sur les questions sécuritaires et de développement. Pour le reste, il appartiendra aux Burkinabè, le moment venu, d’apprécier notre bilan. N’eût été l’insécurité, qui a chamboulé nos priorités, on aurait fait des progrès plus importants. »

Insécurité et réconciliation

Si les états-majors des différents partis sont encore discrets sur leurs programmes, la campagne devrait se concentrer sur l’insécurité et la réconciliation, mais aussi sur la crise sanitaire. « Le thème des dernières journées parlementaires de l’UPC portait sur la réconciliation », confirme l’universitaire et analyste politique Abdoul Karim Saïdou.

« Il ne faut pas surestimer les critiques distillées sur la gestion de l’épidémie, qui sont le fait de citadins. À l’intérieur du pays, les gens sont surtout affectés par l’insécurité », rappelle l’économiste Seydou Ouédraogo, directeur de l’institut Free Afrik.

Depuis les premières attaques jihadistes à Ouagadougou, en janvier 2016, la menace sécuritaire, un temps cantonnée dans le Nord, s’est étendue à une large partie du territoire et s’est doublée d’attaques intercommunautaires. Le pays compte désormais près de 1 million de déplacés.

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