BTP & Infrastructures

BTP : Mohamed Ali Hachicha, un Tunisien à la conquête de l’Afrique de l’Ouest

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mohamed hachicha

mohamed hachicha © Saad pour ja

Installé à Abidjan depuis treize ans, le dirigeant des activités internationales de Soroubat a fait de sa branche subsaharienne le vaisseau amiral du groupe familial tunisien.

En Côte d’Ivoire, le Tunisien Mohamed Ali Hachicha, directeur général de Soroubat International, est connu comme le loup blanc. Ce diplômé en génie civil de l’école polytechnique de Montréal a gagné en popularité depuis que le FC San Pedro, qu’il a racheté en 2015, vole de victoire en victoire. Promu en première division en 2016, le club de football de la capitale du Sud-Ouest a su, en seulement deux ans, se stabiliser dans le top 3 de l’élite et a, pour la première fois de son histoire, remporté la finale de la Coupe de Côte d’Ivoire et participé à la Coupe de la confédération africaine. Selon les supporters, les investissements du mécène sportif dans les infrastructures et le centre de formation du club, doté d’un budget de 1,1 million d’euros, ont changé la face du club.

Un marché domestique trop étroit

Mais Mohamed Ali Hachicha est d’abord un entrepreneur de BTP bien établi à Abidjan depuis 2007. Il doit cette installation à son père, Noureddine, originaire de Sfax et fondateur en 1974 du Groupe Soroubat (Société de routes et de bâtiments), implanté à Tunis, qui s’est tourné vers les marchés ouest-africains à partir de 2004. « Avec deux autoroutes et un maillage routier assez faible, le marché tunisien était devenu trop étroit pour une entreprise en plein développement », commente un spécialiste du secteur.

Depuis le quartier de Cocody, où il s’est installé avec sa femme et ses trois filles, Mohamed Ali Hachicha, 45 ans, pilote la branche subsaharienne (les seize filiales que compte le groupe familial, toujours présidé par son père, à Tunis). « Abidjan joue un rôle pivot pour l’implantation de nouvelles sociétés dans d’autres pays en Afrique de l’Ouest, mais aussi en Afrique centrale », explique le dirigeant, dont le groupe a bâti plus de 3 000 km d’autoroutes sur le continent et revendique près de 10 000 salariés.

Avec le génie civil routier comme métier d’origine, le dirigeant tunisien a développé ses activités depuis la métropole ivoirienne dans la fabrication de béton préfabriqué, les carrières de pierres et la construction, avec une expertise sur les bâtiments à fondations profondes. Comme son père en Tunisie, il s’est également lancé dans l’immobilier.

Expansion et diversification

Le patron de Soroubat International est désormais présent dans six pays subsahariens : Côte d’Ivoire, Burkina Faso, Bénin, Cameroun, Togo et Tchad. Dans ces États, il gagne régulièrement les appels d’offres de construction de voirie, d’ouvrages d’art et d’autres projets d’aménagement routier. Après avoir remporté en février 2020 un marché de 31 millions d’euros pour la construction et le bitumage du boulevard des Tansoba, à Ouagadougou, il vient de livrer, au début de mai, un pont à Tovegbamé, au Bénin. Il s’active aussi sur l’aménagement de 135 km de route entre Fadia Dougou et Boundiali, en Côte d’Ivoire, et le prolongement de 170 km de la N19 au Burkina Faso, près de la frontière avec le Bénin.

En Côte d’Ivoire, il s’est diversifié en dehors du BTP en reprenant et en développant plusieurs sociétés : dans le tourisme, avec Madaly Tours ; la santé, avec Madaly Santé ; l’imprimerie et l’édition, avec SIAG CI ; l’immobilier, avec La Foncière ivoirienne ; et même la distribution de produits pétroliers, avec Sadep. « Nous avons profité d’opportunités, sans négliger un développement intégré pour la partie BTP », commente Issam Ben Youssef, directeur général de la branche internationale.

Passionné de football et pilier de la petite communauté tunisienne implantée en Côte d’Ivoire, il a, à la fin de mars, mis des logements à la disposition de ses compatriotes bloqués à Abidjan par la fermeture des frontières tunisiennes liée à l’épidémie de Covid-19. Mohamed Ali Hachicha fait jouer discrètement, mais régulièrement, ses bons offices entre son pays d’origine et les États ouest-africains. « C’est un homme d’influence ; ses amitiés avec des chefs d’État sont très utiles à la Tunisie », estime l’un de ses proches.

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