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Cet article est issu du dossier «Les économies africaines face au coronavirus»

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Tourisme

En Tunisie, le redémarrage du tourisme mis à mal par le coronavirus

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Mis à jour le 25 mars 2020 à 11h25
Un serveur dans un restaurant vide du front de mer de Tunisie le 15 mars 2020 après la décision du gouvernement de fermer les cafés et restaurants.

Un serveur dans un restaurant vide du front de mer de Tunisie le 15 mars 2020 après la décision du gouvernement de fermer les cafés et restaurants. © FETHI BELAID/AFP

En moins d’un mois, les perspectives d’embellies du secteur touristique tunisien, qui ambitionnait les 10 millions de visiteurs en 2020, ont été rattrapées par la pandémie.

Avec 9 millions de visiteurs en 2019, le tourisme tunisien avait retrouvé sa vitesse de croisière et ambitionnait d’atteindre 10 millions de touristes en 2020. Tout semblait bien parti avec, dès janvier et février, 10 % d’entrées de non-résidents de mieux qu’en 2019.

Mais en moins d’un mois, les perspectives d’embellie ont été rattrapées par la pandémie de coronavirus. « Les hôteliers ont enregistré 30 % d’annulations sur les dernières semaines, et ce n’est pas fini », précise l’économiste et ancien ministre des Finances, Hakim Ben Hammouda, qui estime que le secteur doit être soutenu jusqu’à la reprise.

Il le sera certainement, le nouveau ministre du Tourisme, Mohamed Ali Toumi, est du métier et sait, en tant qu’ancien président de la Fédération tunisienne des agents de voyage (FTAV), l’impact qu’aura le tsunami du Covid-19 sur un secteur pourvoyeur à 14,20 % du PIB.

Une filière résiliente

« Les professionnels tentent de réduire l’impact économique. Nous sommes très soutenus par le gouvernement », affirme Sonia Sayah, vice-présidente de la FTAV chargée des relations internationales, des salons et des foires. Elle n’en est pas moins préoccupée : « La chaîne est impactée par l’annulation des vols. Cet arrêt du premier maillon risque de provoquer un effet domino sur l’ensemble des prestataires et fait craindre d’autres annulations dans les semaines à venir. »

Une pandémie qui empêche toute action et qui tombe mal alors qu’arrivent le printemps et le démarrage de la saison touristique. Mais Sonia Sayah se veut optimiste et se met à espérer, faute de réelle visibilité sur l’évolution des marchés : « S’il s’avère que le Covid-19 ne résiste pas à la chaleur, ce sera tout à notre avantage. Un début de recul de la pandémie peut laisser présager un redémarrage des réservations de dernière minute pour la saison estivale. » En attendant, il faudrait pouvoir évaluer l’ampleur que prendra l’épidémie, qui démarre en Tunisie. Les professionnels sont unanimes : la filière sait être résiliente et a été capable de rebondir après la révolution de 2011 puis les attentats terroristes de 2015.

Même s’il y avait des avions, les gens n’ont pas la tête au voyage

Ils sont néanmoins prudents, car cette fois-ci plusieurs facteurs leur échappent. « Difficile de faire un prévisionnel. Même s’il y avait des avions, les gens n’ont pas la tête au voyage. Faute de pronostics, il reste à se préparer aux différents scénarios », commente l’hôtelier Mehdi Allani, qui, en six mois, a subi la faillite de Thomas Cook et, maintenant, l’épidémie du coronavirus.

Lui aussi veut y croire, bien que ses ventes soient à l’arrêt depuis dix jours. « On ne peut pas contrôler une situation ou convaincre quand la peur est là. Le frein n’est pas la Tunisie, mais le déplacement avec le passage par les aéroports et le confinement dans un avion. Si les choses se tassent, la saison repartira. La crise n’est pas spécifique à la Tunisie, elle est mondiale », commente le directeur de l’hôtel Sultan de Hammamet.

Se préparer à l’après-Covid-19

En attendant, il gère cette crise à sa manière, commence à recruter pour la saison et affine le processus d’hygiène de son établissement, qui, en 2018, avait été déclaré champion d’Afrique en hygiène et propreté des chambres par l’organisation britannique Cristal International Standards. « Ces mesures sont plus attractives qu’un prix au rabais. »

Il y aura tout un travail de communication à faire

Malgré les doutes et l’anxiété, le secteur se prépare à l’après-Covid-19. « Il y aura tout un travail de communication à faire », prévoit la FTAV. Mais les professionnels sont unanimes : tôt ou tard la vie reprendra ses droits, avec un regain d’intérêt pour les voyages et les vacances. En attendant, il leur faut réduire les pertes engendrées par ce tsunami viral.

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