Économie

Coronavirus : la crise de trop pour l’Algérie

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Mis à jour le 26 mars 2020 à 17h38
People wearing masks and plastic gloves take part to the pro-democracy demonstration, Friday March 13, 2020 in Algiers. For most people, the new coronavirus causes only mild or moderate symptoms. For some it can cause more severe illness.//PPAGENCY_1120.2212/2003131805/Credit:Fateh Guidoum/PPAgency/SIPA/2003131807

People wearing masks and plastic gloves take part to the pro-democracy demonstration, Friday March 13, 2020 in Algiers. For most people, the new coronavirus causes only mild or moderate symptoms. For some it can cause more severe illness.//PPAGENCY_1120.2212/2003131805/Credit:Fateh Guidoum/PPAgency/SIPA/2003131807 © Fateh Guidoum/PPAgency/SIPA

À l’effondrement des cours du pétrole et à la pandémie de coronavirus vient s’ajouter un inquiétant épisode de sécheresse. Déjà tangibles, les répercussions sur l’économie nationale s’annoncent désastreuses.

C’est ce qu’on pourrait appeler un mauvais alignement des planètes. Chute vertigineuse des cours du pétrole, épidémie de coronavirus et sécheresse, l’Algérie est frappée de plein fouet par une situation aussi inédite que critique. Premières retombées de la dégringolade des cours des hydrocarbures, qui assurent 95 % de ses recettes en devises et 60 % de sa fiscalité pétrolière ?

Les recettes devraient atteindre 20 à 30 milliards de dollars pour 2020, contre 42 milliards en 2018 et 36 milliards en 2019. Logique, dans la mesure où le budget 2020 a été calculé sur la base d’un baril à 50 dollars. Dans l’hypothèse d’un prix stagnant durablement autour de 20 dollars, le déficit budgétaire pourrait doubler, passant de 12,8 milliards (montant calculé sur un baril à 50 dollars) à 25 milliards. Il va donc falloir en passer par une loi de finances complémentaire afin de s’adapter à la nouvelle donne.

Une réaction en chaîne

Autre conséquence du déficit de la balance commerciale : l’accélération de la fonte des réserves de change. Elles pourraient tomber à 51 milliards de dollars à la fin de cette année (contre 194 milliards au début de 2014) et risquent même de disparaitre totalement au terme du mandat du président Tebboune. Le recours à l’endettement extérieur et à la planche à billets étant écarté pour l’heure, le gouvernement compte réduire de moitié la facture des importations (41,39 milliards de dollars en 2019), notamment sur les produits de consommation humaine et animale.

Pour y arriver, des mesures d’encouragement à la production nationale sont mises en place. Mais la sécheresse qui sévit depuis plusieurs mois va non seulement impacter cette production, mais aussi créer des tensions sur la distribution d’eau potable.

S’il est trop tôt pour en mesurer les conséquences, l’épidémie de coronavirus provoque déjà des dommages importants qui viendront s’ajouter à une situation que le Premier ministre juge « catastrophique sur tous les plans ». Elle le sera sans doute davantage dans la mesure où le système de santé est jugé défaillant.

Suspension des marches du vendredi ainsi que des manifestations politiques, sportives, économiques et culturelles, liaisons aériennes et maritimes avec l’Europe coupées, arrêt des cours dans tous les établissements scolaires… Les autorités parent au plus pressé alors que les foyers de contamination s’élargissent et que le nombre de victimes augmente de jour en jour (19 morts à ce jour).

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