Culture

Dix choses à savoir sur la romancière franco-marocaine Leïla Slimani

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Leïla Slimani, à Tokyo, le 20 novembre 2018.

Leïla Slimani, à Tokyo, le 20 novembre 2018. © Ayami Yoshikawa/AP/SIPA

Lauréate du Goncourt 2016 pour son roman « Chanson douce », la romancière franco-marocaine publie « Le Pays des autres », premier volet d’une trilogie historique sur le Maroc.

  • Pétitionnaire

En 2019, elle corédige une pétition, « Nous sommes hors-la-loi », pour dénoncer les articles du Code pénal marocain, dont le célèbre article 490, qui rendent les relations sexuelles hors mariage et l’avortement passibles d’une peine de prison.

  • Debout

Ce 29 février, elle a manifesté sa solidarité avec l’actrice française Adèle Haenel en quittant elle aussi la cérémonie des César, où Roman Polanski, visé par des accusations de viol, venait de recevoir le prix du meilleur réalisateur.

  • Rif

« Ah non […] par contre, le Rif, je ne connais pas… ». Cette petite phrase, lâchée au micro de la radio française RTL en plein hirak dans le nord du Maroc, n’a pas été du goût de tous. Certains regrettent que ses critiques portent davantage sur le manque de liberté en matière de « mœurs » que sur la rigidité des institutions.

  • Macron

En 2017, elle a accompagné le chef de l’État français lors de sa première visite officielle au Maroc, puis est devenue sa représentante personnelle pour la francophonie. Elle a même décliné le poste de ministre de la Culture. En 2018 toutefois, après avoir de nouveau voyagé avec lui en Tunisie, elle a signé une tribune critique dans Le Monde : « Emmanuel Macron aurait pu défendre les immigrés avec plus de vigueur. »

  • Piratée

En 2018, la police marocaine saisit des livres piratés en provenance d’Égypte. Parmi eux, un certain nombre d’exemplaires de « Chanson douce », vendus près de 10 dirhams (1 euro) sous une couverture imitant celle de l’éditeur français Gallimard.

  • Journaliste

Ancienne collaboratrice de Jeune Afrique, elle a mis sa plume au service de plusieurs rédactions, comme Le 1, en France, ou Le 360, au Maroc. Une activité qu’elle n’a pas complètement abandonnée : sa bande dessinée « Paroles d’honneur » et son livre « Sexe et mensonges » (2017) sont des enquêtes journalistiques sur la sexualité, notamment féminine, au Maroc.

  • Humilité

L’auteure a brisé le mythe de l’écrivain démiurge en expliquant avec humilité tout ce qu’elle devait aux ateliers d’écriture. Depuis, ces dispositifs suscitent un engouement croissant.

  • Autobiographique

La vie de l’héroïne du « Pays des autres » est inspirée de celle de la grand-mère de l’écrivaine : française, elle avait épousé un Marocain, officier spahi de l’armée française. Au Maroc, elle se heurta au mépris des colons et à la difficulté de s’intégrer à un univers étranger.

  • Père

Son père, Othman Slimani, a été secrétaire d’État chargé des Affaires économiques sous Hassan II. Il a été incarcéré en 2002 pour malversations, alors qu’il était PDG du Crédit immobilier et hôtelier. Décédé en 2004, il a été acquitté à titre posthume en 2010.

  • Jupe et voile

Consciente qu’elle représente un symbole en pleine vague islamophobe en France, elle dit refuser « de servir d’alibi » aux discriminations et met un point d’honneur à défendre le libre port de la jupe comme celui du voile.

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