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« La Cité des Chacals », nouveau polar politique de l’anglo-soudanais Parker Bilal

Vision aérienne du Caire, en Egypte, le 6 janvier 2011 (Illustration).

Vision aérienne du Caire, en Egypte, le 6 janvier 2011 (Illustration). © Luc Legay/Flickr/cc

Sous le pseudonyme de Parker Bilal, l’écrivain anglo-soudanais Jamal Mahjoub livre un roman policier à fortes connotations politiques. Il dépeint le monde arabo-musulman au tournant du siècle.

Bien entendu, les inconditionnels du lymphatique et sympathique Makana, détective privé soudanais exilé en Égypte, retrouveront avec La Cité des chacals tout ce qui fait le sel de la série policière de Parker Bilal – pseudonyme du romancier anglo-soudanais Jamal Mahjoub.

C’est-à-dire une intrigue habilement ficelée, une galerie de personnages aussi attachants que bien campés, un style vif relevé d’un humour pince-sans-rire, un regard désabusé mais pas exempt de tendresse sur la société contemporaine… et des scènes d’action où notre héros, incurable fumeur de Cleopatra, n’apparaît jamais comme un superjusticier mais toujours comme un empêcheur d’assassiner impunément.

Corruption

Les Écailles d’or, Meurtres rituels à Imbaba, Les Ombres du désert, Le Caire, toile de fond et, aujourd’hui, La Cité des chacals : à force de suivre les enquêtes de Makana, il devient impossible d’ignorer que Parker Bilal construit là une œuvre forte et ambitieuse dont l’objectif est de dépeindre le monde arabo-musulman au tournant du siècle.

Un tournant qui commence un peu avant les attentats du 11 septembre 2001 et se poursuit avec les printemps arabes, une dizaine d’années plus tard.

Victime de l’islamisme radical dans son pays, le Soudan, Makana est un observateur privilégié de l’évolution du monde depuis la mégapole fiévreuse qu’est Le Caire, où se concentrent les contradictions d’une époque, où un individualisme triomphant prend le pas sur les idéaux de partage, où la corruption règne en maître, où les laissés-pour-compte et les assoiffés sont contraints de ramper aux pieds d’ultra-riches barbotant dans leurs jacuzzis.

Avec Parker Bilal, la politique n’est jamais loin, et son regard est acéré. Jugez vous-mêmes : « Quand les résultats des élections étaient tombés et que le président avait gagné comme prévu – quoique par un score de seulement quatre-vingt-dix-huit pour cent –, tout le monde l’avait applaudi, y compris les Américains, confirmant ce que chacun savait déjà dans la région, c’est-à-dire que les leaders occidentaux étaient une bande de flagorneurs hypocrites qui ne demandait pas mieux que de regarder souffrir le peuple sous une dictature répressive tout en louant les bienfaits de la démocratie », écrit-il à propos de Hosni Moubarak et de ses soutiens…

Quand aux romantiques, ils trouveront dans cet épisode l’ébauche d’une histoire d’amour, annonçant peut-être des jours plus heureux pour l’ancien flic qui perdit femme et enfant en fuyant son pays.

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