Diasporas

[Hommage] Elle s’appelait Marielle Franco…

Par

Doctorant en cinéma à la New York University et chercheur au Berkman Klein Center de Harvard

Une femme porte un T-shirt en hommage Marielle Franco à Rio de Janeiro, au Brésil, en mars 2019.

Une femme porte un T-shirt en hommage Marielle Franco à Rio de Janeiro, au Brésil, en mars 2019. © Silvia Izquierdo/AP/SIPA

Symbole du combat contre le racisme et les violences policières, l’activiste brésilienne Marielle Franco a été assassinée en mars 2018 à Rio de Janeiro. Deux ans plus tard, les hommages sont toujours aussi nombreux.

Deux ans après l’assassinat de l’élue et activiste brésilienne Marielle Franco à Rio de Janeiro, les hommages en provenance du monde entier sont toujours aussi nombreux. Cette ferveur ne tient pas seulement au crime lui-même, toujours non élucidé, et aux lenteurs de l’enquête judiciaire, qui semble confirmer des liens troublants entre les meurtriers et des proches de la famille du président Jair Bolsonaro.

Née dans les favelas, Marielle Franco était devenue le symbole du combat contre le racisme et les violences policières, de la défense des droits des communautés noires, des femmes et de la communauté LGBT, mais aussi de l’ascension sociale – elle avait été élue à la ville de Rio de Janeiro en 2017.

« Le futur de la politique »

Pendant le tournage de mon documentaire Marielle’s Legacy Will not Die (Justice pour Marielle), sur le mouvement afro-brésilien qui relaie son héritage politique, l’activiste Monica Cunha m’a expliqué que le mandat de Marielle Franco représentait le futur de la politique : elle qui était à l’intersection de plusieurs identités minorisées – une femme noire féministe des favelas, mère célibataire à 19 ans, lesbienne – incarnait non seulement le renouveau de la classe politique mais luttait pour une meilleure intégration des communautés auxquelles elle s’identifiait dans un projet de société plus juste et égalitaire.

Marielle Franco voulait notamment mettre en valeur les racines africaines du Brésil, l’« ancestralité », dans un pays qui compte plus de 60 % d’Africains-Brésiliens mais où les écarts de richesse avec les élites blanches restent considérables. Elle luttait notamment pour rendre plus visible la production intellectuelle des Noirs dans l’histoire du Brésil, noyée dans le mythe de l’harmonie raciale.

Résistance

En réalisant mon documentaire, j’ai pris conscience du rôle que nous devrions jouer pour faire vivre la mémoire de ces figures de résistance afro-diasporiques.

Face à la montée des conservatismes et aux nombreuses attaques racistes qui pullulent sur la Toile, nous avons tendance à adopter en permanence une position de contre-attaque qui nous prive d’un temps précieux pour raconter l’Histoire que nous souhaitons transmettre aux futures générations.

Aujourd’hui, je rêve de manuels scolaires qui auraient pour couverture des figures de la résistance comme la sienne. L’Institut Marielle-Franco, fondé par sa famille, y travaille activement. En cette triste date anniversaire, joignons donc notre voix à celles de ceux qui la défendent au quotidien de l’autre côté de l’Atlantique : Marielle est avec nous, aujourd’hui et pour toujours.

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