Sécurité

[Tribune] Une union africaine face au jihadisme

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Par  Arnauld Akodjenou

Conseiller spécial pour l’Afrique à la Fondation Kofi Annan, Genève, Suisse

Un soldat malien ferme une cellule dans laquelle des jihadistes sont détenus, à Gao, le 11 février 2013.

Un soldat malien ferme une cellule dans laquelle des jihadistes sont détenus, à Gao, le 11 février 2013. © Jerome Delay/AP/SIPA

Il est urgent d’apporter une réponse conjointe entre États africains, et surtout entre régions africaines, afin d’éviter un enlisement de la crise sécuritaire au Sahel.

La crise sécuritaire qui touche les pays du Sahel est désormais une crise régionale, qui s’étend de l’Afrique de l’Ouest à l’Afrique centrale. Des attaques jihadistes sont menées près des frontières ivoiriennes, béninoises et guinéennes. Et le risque de contagion et d’enlisement est encore plus prégnant, compte tenu de la situation au Nigeria, au Tchad et au Cameroun, cibles de Boko Haram.

Malgré la création de la Force conjointe du G5 Sahel, force est de reconnaître que cette menace est gérée principalement par des acteurs internationaux. L’armée française est ainsi passée de l’opération Serval à Barkhane, la Minusma a remplacé la Mission internationale de soutien au Mali (Misma), tandis qu’a été lancée, puis renforcée, la Mission de formation de l’Union européenne au Mali.

Réponse coordonnée

Mais afin d’éviter un enlisement tragique dans la durée et dans l’espace, une réponse opérationnelle, multidimensionnelle et coordonnée entre les pays membres du G5 Sahel, de la Cedeao et de la Cemac devrait être privilégiée. Il s’agira, d’une part, de chercher les voies et les moyens d’inclure des acteurs stratégiques tels que l’Algérie – et pourquoi pas la Libye réunifiée – dans toute approche politique et, d’autre part, de fournir un soutien opérationnel aux pays menacés.

Il faudra également mener des actions en matière de prévention, notamment travailler à la construction de véritables États de droit et prendre des mesures en faveur de la gouvernance et du développement autocentré. Les acteurs politiques du continent pourraient par ailleurs réfléchir à la mise en place d’un système de sécurité collective. Cela passe par la révision et la réévaluation du rôle des Communautés économiques régionales (CER) de l’Union africaine.

Le champ d’application de leurs mandats ne doit plus se limiter à l’intégration économique, il doit être étendu et inclure une dimension « paix et sécurité ». D’ailleurs, peut-on sérieusement parler de développement durable tant que les armes ne se sont pas tues, comme le demande l’Union africaine ? Peut-on faire du commerce avec son voisin ou ses partenaires sur le continent dans un contexte d’insécurité grandissante ?

Une réponse conjointe entre États africains et surtout entre régions africaines ouvrirait la voie à l’adoption d’une stratégie plus large et à la formation d’une coalition plus forte. Les pays du continent pourraient ainsi se réapproprier des impératifs de paix et de sécurité. Et enfin être pris au sérieux par leurs partenaires internationaux.

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