BTP & Infrastructures

Stade d’Olembe : Piccini espère toujours une solution à l’amiable avec l’État camerounais

Réservé aux abonnés | | Par Jeune Afrique
Mis à jour le 11 mars 2020 à 18h03
Le stade Paul-Biya d’Olembé, au Cameroun.

Le stade Paul-Biya d’Olembé, au Cameroun. © Adrienne Surprenant/collectif item pour JA

Évincé du chantier de construction en novembre 2019 par le gouvernement, le constructeur italien s’est retourné contre le canadien Magil qui a repris le marché. Le complexe olympique de Yaoundé doit accueillir la finale de la CAN 2021.

Après son éviction, en novembre 2019, du chantier du complexe sportif d’Olembe, à Yaoundé, par le gouvernement camerounais, Piccini, le groupe de BTP de ­l’Italo-Érythréen Makonnen Asmaron, ferraille toujours contre le canadien Magil (détenu par le français Fayolle), qui a repris ce marché à 160 milliards de F CFA (244 millions d’euros).

Ce dernier avait déjà assuré, à Douala, la lourde réhabilitation du stade de la Réunification, en 2018, et repris le chantier de la route Pénétrante-Est à une entreprise chinoise défaillante. Piccini, qui conserve quelques employés, de nombreux conteneurs et engins au Cameroun, poursuit au Canada Magil pour « interférence dans son contrat ».

Lenteurs

L’entreprise a également lancé une procédure au Cameroun pour « destruction, sabotage, vol de matériels et débauchage de ses personnels », selon des sources proches du groupe italien. En cause, l’emploi par le canadien d’un ancien responsable du chantier, Benoît Fabre. « Il était consultant externe d’une société de conseil », se défend Franck Mathière, vice-président des opérations internationales de Magil, qui a porté plainte pour diffamation contre Piccini, en Italie (voir encadré ci-dessous).


>>> À lire sur Jeune Afrique Business PlusStade Olembé : Benoît Fabre reste en poste chez Magil en dépit de la sommation de Piccini


Accusé d’avoir occasionné un retard d’un an et demi et d’avoir touché un trop-perçu de 6 milliards de F CFA, ce dernier pointe du doigt pour sa part les lenteurs de Yaoundé dans la validation du cahier des charges. Surtout, il rappelle avoir préfinancé de sa poche (26 milliards de F CFA) la construction de préfabriqués en Italie pour combler le retard du chantier… sans avoir été remboursé.

Espérant trouver une solution à l’amiable avec le palais d’Etoudi, Piccini n’a pas encore porté l’affaire en arbitrage international. De passage le 3 mars sur le chantier, Franck Mathière prévoit de son côté une livraison de l’ouvrage, censé accueillir la finale de la CAN 2021, d’ici à octobre, assurant que l’État a reçu auprès de la Standard Chartered Bank un accord de principe pour le financement de l’infrastructure.


Les précisions de Piccini

Dans un courrier parvenu à Jeune Afrique le 8 mars, l’entreprise italienne rappelle que contrairement aux déclarations de Franck Mathière, un « contrat d’engagement en qualité de salarié en bonne et due forme a été signé entre le Groupe Piccini et Benoit Fabre » et qu’il « n’a jamais existé de contrat de consultant externe avec Fabre ».

Dans son courrier à JA, le groupe en outre affirme que le délai de livraison des travaux, initialement fixé à trente mois lors de la signature du contrat le 30 décembre 2015, « a été réduit à quinze mois du fait du maître d’ouvrage », autrement dit le gouvernement camerounais.

Il ajoute que « selon les procédures en cours dans la gestion contractuelle du projet, il n’était pas possible que Piccini ait perçu 6 milliards de F CFA en plus, car les paiements réalisés par le maître d’ouvrage l’étaient sur la base de décomptes mensuels certifiés par Egis, l’assistant du maître de l’ouvrage ». Le groupe italien précise, par ailleurs, que « le maître d’ouvrage et Egis ont refusé l’évaluation numéro 13 de Piccini début novembre 2019, sachant que dans cette évaluation Piccini avait facturé pour plus de 7,5 millions d’euros de matériaux livrés courant octobre 2019 ». Des fonds qui selon le constructeur « n’ont pas été réglés », alors que « les matériaux en stock sur le site » auraient été, selon la même source, « mis gratuitement à disposition » de son successeur sur le chantier.

« Le coût des fabrications en Italie et les coûts exorbitants de transports et de logistiques pour un montant de plus de 43 millions d’euros ont entièrement été supportés par le groupe Piccini jusqu’à ce jour », insiste l’opérateur italien. Il ajoute qu’en dépit des engagement pris à l’époque par le ministère des Sports, « le gouvernement ne s’est à aucun moment engagé à rembourser cette somme très conséquente avancée par Piccini ».

Jeune Afrique Digital

L'abonnement 100% numérique

consultable sur smartphone, PC et tablette

devices

Profitez de tous nos contenus
exclusifs en illimité !

Inclus, le dernier numéro spécial de Jeune Afrique

Abonnez-vous à partir de 1€

Abonné(e) au journal papier ?

Activez votre compte
Fermer

Je me connecte