Electricité

Taqa Morocco et l’Onee renouvellent leurs vœux sur Jorf Lasfar

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Le complexe s'étend sur 60 hectares et consomme 5,5 millions de tonnes de charbon par an.

Le complexe s'étend sur 60 hectares et consomme 5,5 millions de tonnes de charbon par an. © Taqa

Le producteur d’électricité émirati et l’Office national de l’électricité et de l’eau potable ont reconduit le contrat portant sur la production de la centrale thermique de Jorf Lasfar, qui fournit 40 % de l’électricité au Maroc.

Une nouvelle page s’est ouverte depuis le début de l’année dans la relation entre Taqa Morocco, premier producteur d’électricité du Maroc, et l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (Onee).

Les deux parties ont renouvelé le bail concernant la fourniture d’énergie électrique produite par les unités 1 à 4 (1 356 MWh) de la centrale thermique à charbon installée à Jorf Lasfar (à 130 km au sud de Casablanca, au bord de l’Atlantique). Ce nouvel accord prendra fin en même temps que celui concernant les unités 5 et 6, qui produisent 700 MWh et ont coûté plus de 1,4 milliard d’euros.

Modernisation et valorisation

Jusqu’en 2044, Taqa Morocco, qui a réalisé 9,1 milliards de dirhams de chiffre d’affaires (837 millions d’euros) en 2019, va donc pouvoir faire jouer les synergies entre les six unités de Jorf Lasfar, qui s’étend sur une superficie de 60 hectares et consomme annuellement quelque 5,5 millions de tonnes de charbon.

Le groupe va prendre en charge la modernisation et la valorisation de cette infrastructure entrée en exploitation en 1996 et qui fournit presque 40 % de la consommation marocaine d’électricité. L’investissement global sur lequel les deux parties se sont mises d’accord atteint près de 450 millions d’euros.

Pour rappel, les unités 1 et 2 ont été bâties par l’Onee, puis transmises à ABB Energy Ventures et CMS Generation, qui ont construit les unités 3 et 4 avant de tout céder en 2007 à Taqa Morocco.

Actuellement, le fournisseur d’électricité et l’Onee sont liés par un contrat de take or pay. Autrement dit, l’autorité publique marocaine s’engage à rémunérer Taqa Morocco sur la base de la puissance disponible dans l’ensemble des unités de la centrale, et non pas en fonction de la demande.

« Nouveaux développements stratégiques »

Taqa Morocco, filiale de l’émirati public Taqa (85,7 % du capital), revendique une capacité installée de 17 095 MW dans le monde, dont 2 052 MW au Maroc – mais aussi 1 037 MW aux États-Unis.

« Ces contrats de long terme nous donnent de la visibilité pour lancer de nouveaux développements stratégiques, notamment en diversifiant nos sources d’énergie, en particulier dans le renouvelable, et en vue d’une expansion africaine », se réjouit le Marocain Abdelmajid Iraqui Houssaini, le président du directoire de Taqa Morocco, qui, depuis Casablanca, regarde attentivement les opportunités de projets aussi bien dans le royaume qu’ailleurs sur le continent.

Le développement des activités de la filiale marocaine de Taqa a été salué en Bourse. En 2013, les dirigeants de Taqa Morocco avaient réalisé la plus grosse IPO (introduction en Bourse) jamais enregistrée au Maroc depuis celle du promoteur immobilier Alliances Développement cinq ans plus tôt.

Le producteur d’électricité valorisé alors à plus de 9 milliards de dirhams avait récolté environ 1 milliard de dirhams en cédant 9,47 % de son capital aux souscripteurs de la place de Casablanca. Plus de sept ans après, Taqa Morocco y pèse désormais plus de 21 milliards de dirhams.


Bientôt un gendarme de l’électricité

Le royaume a entamé en 1994 une libéralisation graduelle du marché de l’électricité. À cette date, l’Onee (One, à l’époque) a perdu son monopole sur la production, puis, en 1997, celui sur l’acheminement.

Outre Taqa Morocco, présent à Jorf Lasfar, d’autres producteurs indépendants ont émergé, notamment dans les énergies renouvelables, tel Nareva (filiale du holding royal Al Mada), ou le saoudien ACWA Power – tous deux sont liés à l’Onee à travers des contrats BOT (Build, Operate, Transfer) ou BOOT (Build, Own, Operate, Transfer).

Attendue depuis 2016, l’Autorité nationale de régulation de l’électricité doit entamer son activité dans les mois à venir, ainsi que la loi de finance l’a enfin prévu. Ce gendarme devra fixer les tarifs et les conditions d’accès au secteur.

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