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Tidjane Thiam, directeur général du Crédit suisse © Giulia Marchi/Bloomberg via Getty Images

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Finance : Tidjane Thiam, le banquier qui dérangeait la Suisse

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Économie

Tidjane Thiam, le banquier qui dérangeait la Suisse

Architecte du spectaculaire redressement de l’établissement helvétique, l’as de la finance a pourtant été poussé à la démission à la suite, entre autres, d’une rocambolesque affaire d’espionnage. Un nouveau chapitre s’ouvre pour le Franco-Ivoirien.

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Mis à jour le 22 juin 2021 à 16:30

Lors de l’annonce des résultats du groupe, le 13 février, à Zurich. © Fabrice COFFRINI/AFP

«Une journée sans rire est une journée de perdue », aime répéter Tidjane Thiam, ponctuant sa phrase d’un léger rictus. Pendant quatre années et demie à la tête de Credit Suisse, l’as franco-ivoirien de la finance s’est forgé l’image d’un banquier « drôle », à l’humour rafraîchissant plutôt que ravageur. « Ce qui est rare sur la Paradeplatz », apprécie un fin connaisseur de la finance zurichoise.

Depuis sa démission, le 7 février, les occasions de se réjouir sont pourtant rares. « Il est abasourdi par ce qui est arrivé », confirmait ces derniers jours l’un de ses proches. Sans doute profite-t-il de son séjour aux États-Unis pour digérer une mise à l’écart due moins à ses performances managériales qu’aux problèmes de gouvernance de la ­deuxième banque helvétique.

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En janvier, le dirigeant de 58 ans n’avait toujours pas mesuré la gravité de la situation, assurant vouloir finir son mandat, en 2021. « Lui qui a la réputation de tout comprendre très vite n’a cette fois rien vu venir », résume un journaliste de la Neue Zürcher Zeitung (NZZ), le quotidien financier zurichois qui a largement documenté les douze mois de cette chronique d’une fin annoncée.