Politique

Interpellation de Jaynet Kabila : le ministre Gilbert Kankonde sommé de s’expliquer

Le Premier ministre a demandé à son ministre de l’Intérieur de lui livrer des explications détaillées sur les circonstances de l’interpellation de la sœur jumelle de l’ancien président Joseph Kabila.

Réservé aux abonnés
Par
Mis à jour le 3 mars 2020 à 17:03

Jaynet Kabila, la soeur jumelle de l’ancien président congolais Joseph Kabila, à Kinshasa en juillet 2014 (illustration). © John Bompengo/AP/SIPA

Le 23 février, Sylvestre Ilunga Ilunkamba, le chef du gouvernement, a demandé des explications à Gilbert Kankonde, son ministre de l’Intérieur, au sujet de l’interpellation, le 30 janvier, de la députée Jaynet Kabila, sœur jumelle de Joseph Kabila.

À Lire RDC : Jaynet Kabila, la soeur jumelle qui murmure à l’oreille du président

« Rapport circonstancié »

Dans ce courrier, que JA a pu consulter, le Premier ministre assure avoir été « informé sommairement de ce qui est arrivé », déplore le « comportement délibérément désobligeant des fonctionnaires de la Direction générale des migrations ».

« S’agissant d’une députée nationale en fonction et de ce fait membre d’une des institutions nationales du pays, d’une part, et afin d’être pleinement informé des faits, d’autre part », Sylvestre Ilunga Ilunkamba demande à Gilbert Kankonde de lui livrer un « rapport circonstancié ».

Selon nos informations, le ministre de l’Intérieur n’avait pas envoyé ce rapport détaillé à l’heure où nous écrivions ces lignes.

Une « provocation » selon le FCC

Jaynet Kabila – élue à la tête de commission Défense et sécurité de l’Assemblée nationale en octobre dernier – avait été interpellée le 30 janvier à l’aéroport Ndjili-Kinshasa par un agent de la Direction générale de migration (DGM), alors qu’elle s’apprêtait à décoller pour l’Afrique du Sud.

Cette « affaire Jaynet » a fait grand bruit : l’agent de la DGM qui a procédé à l’interpellation a été auditionné par le Conseil national de sécurité, que coordonne François Beya, le conseiller à la sécurité du président, Félix Tshisekedi.

Elle a également été abordée lors d’une réunion du FCC (la coalition de Joseph Kabila), que présidait Néhémie Mwilanya le 5 février dernier. Les participants avaient alors estimé que cet incident était une « provocation ».

André-Alain Atundu, haut cadre de la coalition de l’ancien président congolais, a enfoncé le clou, ce mardi 3 mars lors d’une conférence de presse, dénonçant « la stratégie de provocation ou mieux de harcèlement politique mise en œuvre à travers des interpellations ciblées de personnalités emblématiques du FCC »,  par ceux qui, selon lui, veulent « justifier la rupture politique entre FCC et CACH ».