Politique

Comment Alpha Condé, sous pression de la Cedeao, a tenté d’éviter le report du double scrutin

Réservé aux abonnés | | Par Jeune Afrique
Mis à jour le 02 mars 2020 à 10h47
Alpha Condé, le chef de l’État guinéen.

Alpha Condé, le chef de l’État guinéen. © Benoit Tessier/REUTERS

Avant d’annoncer le report du scrutin législatif et référendaire sur la nouvelle Constitution, le président guinéen Alpha Condé a fait face à une intense offensive diplomatique, notamment de la part de ses homologues ouest-africains.

Le double scrutin référendaire et législatif qui devait se tenir le 1er mars en Guinée a suscité de nombreux remous diplomatiques dans les jours qui ont précédé l’annonce de son report.

Après que l’OIF eut annoncé, le 24 février, son retrait du processus électoral, la Cedeao a décidé de dépêcher une médiation de chefs d’État à Conakry pour tenter de reporter cette consultation contestée par l’opposition.

Relations difficiles avec Issoufou

Alpha Condé, qui a très mal perçu cette initiative, est convaincu qu’elle est l’œuvre de son homologue nigérien Mahamadou Issoufou, le président en exercice de l’organisation ouest-africaine, à qui il reproche de faire campagne contre son projet de référendum et avec qui il entretient depuis quelques mois des relations difficiles, au point d’avoir refusé de lui serrer la main lors du sommet Russie-Afrique de Sotchi, en octobre 2019.

Selon nos sources, le chef de l’État guinéen a téléphoné au Nigérian Muhammadu Buhari – qui devait faire partie de cette médiation aux côtés d’Issoufou et de Roch Marc Christian Kaboré – pour lui demander d’annuler leur venue à Conakry.

Alpha Condé a par ailleurs tenté de joindre plusieurs de ses homologues africains pour leur demander de maintenir les observateurs de la Cedeao et de l’UA en Guinée. Sans succès, ces deux organisations ayant finalement décidé de ne pas y déployer de mission d’observation électorale.

Discussions avec Ouattara et Ramaphosa

Il n’est pas parvenu à contacter certains des présidents membres du G5 Sahel, qui étaient alors en sommet à huis clos, le 25 février à Nouakchott.

En revanche, il a pu s’entretenir avec Idriss Déby Itno ainsi qu’avec Alassane Ouattara et Cyril Ramaphosa, le président en exercice de l’UA.

Au terme de cette semaine d’intenses tractations, le président guinéen a cependant tranché en faveur du report du double scrutin. Dans un discours retransmis sur la télévision nationale, il a affirmé que c’était au nom du « panafricanisme » et « par responsabilité nationale et sous-régionale » qu’il avait accepté de procéder à un « report léger de la date des élections ».

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