Politique

Cameroun : luttes d’influence au sommet entre Ferdinand Ngoh Ngoh et Louis Paul Motaze

Le chef de l’État, le 22 novembre 2019,à Yaoundé.

Le chef de l’État, le 22 novembre 2019,à Yaoundé. © Colin Delfosse pour JA

À l’ombre d’un Paul Biya plus sphinx que jamais, et alors que les relations entre Yaoundé et Paris se sont brusquement tendues, le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, et le secrétaire général de la présidence, Ferdinand Ngoh Ngoh, s’affrontent pour des positions de rente et d’influence.

Quelques semaines avant son arrestation, le 6 mars 2019, Alain Edgar Mébé Ngo’o avait reçu un carton d’invitation pour le soixantième anniversaire du ministre des Finances, Louis Paul Motaze. Il était recommandé aux convives, tous triés sur le volet, de se présenter en tenue de ville blanche. Convaincu qu’un complot se tramait contre lui, l’ancien ministre (de la Défense, puis des Transports) n’a pas répondu à l’invitation. Dans la ville, le bruit de ses ennuis judiciaires courait, et nul mieux que lui savait qu’il n’y aurait trouvé que des sourires hypocrites.

Accusé de détournement de fonds publics et de corruption, Mébé Ngo’o est détenu à la prison centrale de Yaoundé depuis bientôt un an. Aujourd’hui encore, cet homme qui fut l’enfant gâté du régime demeure convaincu que le chef de l’État n’avait pas été informé de son embastillement et que sa chute a été orchestrée par ses rivaux.

Il faut dire que, au-delà même du fond du dossier, sur lequel la justice aura à trancher, l’hypothèse est plausible : Paul Biya, 87 ans, paraît avoir pris tant de recul que chacun pense pouvoir en tirer parti et semble avoir concédé à certains de ses proches une telle influence que plus personne ne sait aujourd’hui à qui attribuer la paternité des décisions annoncées depuis le Palais.

Autrement dit, l’atmosphère de fin de règne qui flotte sur Yaoundé est propice à toutes les intrigues. Elle alimente, à tort et bien souvent à raison, paranoïas et ambitions.

Puissance et influence

Bien sûr, aucun des protagonistes de cette guerre des clans ne l’admettra, mais il fait peu de doute que chacun cherche à se maintenir le plus longtemps possible dans une position de puissance et d’influence en vue de la succession à laquelle tous pensent, au regard de l’âge du capitaine.

Et, pour l’instant, c’est Ferdinand Ngoh Ngoh qui a l’avantage. En tant que secrétaire général de la présidence, il dispose d’une délégation de signature du chef de l’État, ce qui lui permet d’agir sur « hautes instructions ». Il jouit d’un supplément de puissance et d’influence en raison de sa proximité jamais démentie avec la première dame, Chantal Biya.

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