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Banque

Mixité et performance : ce que changent les femmes

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Mis à jour le 31 mars 2020 à 12h22
Anta Babacar Ngom, PDG de Sedima, et Lucy Quist, directrice générale de Morgan Stanley.

Anta Babacar Ngom, PDG de Sedima, et Lucy Quist, directrice générale de Morgan Stanley. © Francois Grivelet pour JA

Dans le secteur bancaire, la proportion de dirigeantes a progressé, améliorant du coup les performances des établissements financiers sur le continent. Explication.

Deloitte, EY, McKinsey… Les grands cabinets de conseil planchent tous sur la présence des femmes dans les instances dirigeantes des entreprises du continent. Et pour cause : « Le bénéfice avant intérêts et impôts des sociétés africaines comptant au moins un quart de femmes dans leur conseil est supérieur de 20 % à la moyenne du secteur », relève le rapport Women Matter Africa, publié en 2016 par McKinsey.

Vanessa Moungar, directrice du Département genre, femmes et société civile de la Banque africaine de développement (BAD), met en avant « la meilleure connaissance du marché liée à la mixité de l’encadrement ».

Pour Emna Kharouf, associée chez Deloitte, « hommes et femmes traitent les problèmes de manières complémentaires ; les premiers ont plus tendance à prendre des risques, les secondes manifestent une plus grande rigueur et un souci du détail. L’idéal est de conjuguer les deux ». Et, les entreprises ayant des difficultés à dénicher de bons profils en Afrique, « se priver des femmes, c’est se priver de 50 % des talents potentiels », rappelle-t-elle.

Intégrer un conseil d’administration

« Plus expérimenté en la matière, le secteur bancaire est en avance dans la représentation des femmes », observe Emna Kharouf. UBA Côte d’Ivoire a ainsi demandé à Aude Apetey Kacou, directrice générale du promoteur immobilier Mixta Côte d’Ivoire, d’intégrer son conseil d’administration en 2019. Cette dernière, 42 ans, confie avoir été surprise par la proposition : « Je pensais que ce genre d’opportunité intervenait plus tard dans une carrière. »

L’administratrice assure n’avoir pas rencontré de freins particuliers. « Un conseil d’administration est un collectif au sein duquel on est responsables et solidaires. Personne n’a intérêt à la compétition interne, surtout dans les postes non exécutifs », explique-t-elle.

Mesures gouvernementales

Certains pays ont pris des mesures pour favoriser l’émergence nécessaire des femmes au sein des conseils d’administration. La Constitution kényane stipule ainsi qu’aucun genre ne doit occuper plus de deux tiers des sièges des conseils des entreprises publiques ou détenues en majorité par l’État.

les initiatives sont dispersées, mais nous sommes au début de quelque chose

D’autres, tels le Maroc, le Nigeria, l’Afrique du Sud, l’Ouganda et le Malawi, recommandent dans leurs codes de gouvernance d’entreprise que le genre soit pris en compte en nommant les administrateurs, relève le rapport de la BAD « Où sont les femmes : les conseils d’administration inclusifs en Afrique », publié en 2015.

En Tunisie, où la parité a d’abord été recherchée sur le terrain politique, les choses commencent à bouger dans la sphère économique. « Les initiatives sont dispersées, mais nous sommes au début de quelque chose », assure Houbeb Ajmi, la directrice générale de l’Université centrale de Tunis, qui a participé le 28 janvier au lancement de l’initiative Women Board Ready, à la Bourse de Tunis.

« Sur 81 sociétés cotées, quatre – Lilas SAH, Tunis Ré, BH Assurances et Sotumag – sont dirigées par des femmes et 39 en comptent au moins une au sein de leur conseil d’administration », rapporte celle qui se dit prête à rejoindre un conseil, de préférence dans le secteur bancaire, « qui affiche déjà une bonne proportion de femmes ».

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