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Cet article est issu du dossier «Côte d'Ivoire : l'année de tous les enjeux»

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Finance

Jean-Luc Konan lance Cofina à l’assaut du marché togolais

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Mis à jour le 04 mars 2020 à 15h31
Jean-Luc Konan, fondateur de Cofina, le leader ouest-africain de la mésofinance.

Jean-Luc Konan, fondateur de Cofina, le leader ouest-africain de la mésofinance. © Compte twitter @JLKONANCOFINA

Sept ans après la création de son groupe, spécialisé dans la mésofinance et déjà présent dans sept pays, le banquier ivoirien s’implante sur de nouveaux marchés.

Pour Jean-Luc Konan, 46 ans, la croissance rapide de la Compagnie financière africaine (Cofina) est avant tout la réussite d’un modèle panafricain de finance inclusive.

Le groupe s’apprête à s’installer au Togo, qui sera son septième marché après la Côte d’Ivoire, le Sénégal, le Burkina Faso, le Mali, mais aussi le Gabon, la Guinée et le Congo. Un essor qui fait du groupe Cofina, fondé en 2013, le leader ouest-africain de la mésofinance, un segment à cheval entre la banque classique et la microfinance.

« Think global, act local »

« Notre métier n’est pas d’éviter le risque, mais de le circonscrire. Notre plus grande fierté est de constater qu’aujourd’hui 60 % de nos clients accèdent à leur premier prêt structuré », explique le banquier ivoirien, ancien de chez Citibank. « Ces entrepreneurs sans états financiers et qui participent pourtant au développement de nos pays constituent 90 % des entreprises, et ce sont eux notre cible, poursuit Jean-Luc Konan. Ce sont eux les multinationales de demain, qui généreront des milliards de revenus. »

Comme le burkinabè Coris Bank International, qui s’est bâti une solide stature dans son secteur grâce à la méthode de son fondateur, Idrissa Nassa (qui s’appuie sur le financement maîtrisé des PME et, surtout, sur la collecte de l’épargne du secteur informel), Cofina introduit une approche novatrice, nourrie par l’expérience bancaire de son fondateur, avec pour principe « think global, act local ».

Raison pour laquelle Cofina s’adosse localement sur des personnes physiques et des institutionnels (par exemple NSIA-Assurances ou Sunu) comme actionnaires minoritaires pour lui permettre de pénétrer le marché. Le groupe est détenu à hauteur de 64 % par ses huit membres fondateurs et son management, et, en 2017, afin de doper sa croissance, il a fait entrer à son tour de table la société de capital-investissement d’origine espagnole Mediterrania Capital Partners (MCP), à hauteur de 36 %.

Du sur-mesure pour les PME

Cofina s’impose comme une solution de financement pour un nombre croissant de PME en Afrique. Fort de ses 1 300 collaborateurs (de 19 nationalités différentes) et de plus de 150 000 clients, Cofina indique avoir accompagné près de 74 000 projets de 2015 à 2019, pour plus de 475 milliards de F CFA (plus de 724 millions d’euros) de crédits octroyés, avec un taux de créances compromises encore limité.

« Jean-Luc Konan incarne la réussite du vrai panafricanisme. Avec une institution créée par des Africains pour résoudre les problèmes africains », décrypte Ousséni Kirakoya, le patron de l’entreprise de microfinance Acep Burkina.

Cofina répond en effet aux besoins de créateurs d’entreprises et de TPE-PME qui n’étaient jusqu’à présent pas pris en compte, parce qu’ils sont trop petits pour pouvoir bénéficier des solutions de financement des banques classiques, et trop importants pour être pris en charge par les établissements de microfinance et les caisses populaires.

« La mésofinance est un moyen d’accroître les actifs et d’élargir l’éventail des contribuables fiscaux grâce à la loi du nombre », plaide Jean-Luc Konan. Le groupe Cofina revendique le statut de leader de la mésofinance en Guinée et au Gabon, et il est le cinquième acteur au Sénégal – un marché pour le moment plus mature et plus concurrentiel que les autres sur ce créneau.

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