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Cet article est issu du dossier «Côte d'Ivoire : l'année de tous les enjeux»

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Mines

Un avenir en or pour l’industrie extractive ivoirienne

Réservé aux abonnés | | Par - à Abidjan
Mis à jour le 05 mars 2020 à 21h15
La compagnie Randgold est présente en Côte d'Ivoire (ici le site de Tongon), au Sénégal, au Mali et en RD Congo.

La compagnie Randgold est présente en Côte d'Ivoire (ici le site de Tongon), au Sénégal, au Mali et en RD Congo. © OLIVIER POUR J.A.

Avec une production d’environ 30 tonnes en 2019, soit quatre fois plus qu’il y a dix ans, la filière aurifère ivoirienne est en plein boom et attire de nouveaux opérateurs.

Si la Côte d’Ivoire ne figure pas encore parmi les grands producteurs d’or du continent, cela ne l’empêche pas d’afficher de solides ambitions en la matière, avec des résultats particulièrement prometteurs ces dernières années.

En effet, la production est passée de 7 tonnes en 2009 à 24,5 t en 2018. Un record légèrement revu à la baisse par rapport aux objectifs que s’était fixés le gouvernement (qui avait tablé sur une production de 26 t), à cause de grèves à répétition sur le site de Tongon, dans le Nord, exploité par le géant canadien Barrick Gold.

Un chiffre d’affaire global à 582 milliards de F CFA

Le chiffre d’affaires global du secteur a néanmoins poursuivi sa progression, puisqu’il a dépassé les 582 milliards de F CFA (plus de 887,25 millions d’euros) en 2018, en hausse de plus de 8 % par rapport à 2017. Dans le même temps, les recettes fiscales sont passées de 56,44 à 65,84 milliards de F CFA. Pour 2019, la production nationale d’or devrait avoisiner les 30 t, notamment grâce au rendement de la nouvelle usine du canadien Endeavour Mining sur le site d’Ity (lire encadré).

La Côte d’Ivoire compte aujourd’hui cinq mines d’or industrielles exploitées, gérées par trois compagnies. Barrick Gold exploite le site de Tongon, la plus grande mine d’or du pays, en production depuis dix ans, dont il anticipe déjà la fin de vie en prévoyant d’investir massivement. Son compatriote Endeavour Mining exploite les sites d’Agbaou (Centre) et d’Ity (Ouest).

Quant à l’australien Perseus Mining, dont la mine de Sissengué (Nord) est entrée en production en janvier 2018, il a lancé la phase de développement du gisement de Yaouré (Centre-Ouest) en mai 2019, un investissement estimé à 265 millions de dollars, et envisage de démarrer l’exploitation du site en décembre de cette année. Enfin, le consortium canado-israélien Sodim-Teranga Gold s’apprête à relancer la production de la mine d’or d’Afema (Sud), située près de la frontière ghanéenne.

Coup d’accélérateur

L’ensemble de ces projets va doper la production nationale d’or. Et, même si la Côte d’Ivoire, avec des réserves aurifères estimées à 600 tonnes, est encore loin de rivaliser avec les principaux producteurs africains ­­– à commencer par le Ghana (environ 160 t), l’Afrique du Sud (120 t) et le Mali (65 t en 2019) –, « c’est un pays d’avenir pour l’or », estime Jean-Claude Kouassi, le ministre ivoirien des Mines et de la Géologie.

Un avis partagé par Mark Bristow, le PDG de Barrick Gold, qui confirme que « le pays est devenu très attractif ». Il l’est aussi pour les compagnies juniors, qui affluent afin de pouvoir engager rapidement des opérations de recherche.

Inauguration de l’usine ultramoderne d’Ity, le 9 mai 2019.

Inauguration de l’usine ultramoderne d’Ity, le 9 mai 2019. © ISSOUF SANOGO / AFP

En effet, ces cinq dernières années, pour donner un coup d’accélérateur à la filière, le gouvernement a renforcé sa politique en faveur de l’essor des activités de recherche et d’exploration. Il a ainsi octroyé 180 permis d’exploration et 16 permis d’exploitation industrielle – à tel point que, en 2019, la filière a représenté 80 % des licences et autorisations minières délivrées par les autorités ivoiriennes.

Cette politique incitative a aussi son revers, puisqu’elle encourage aussi, indirectement, l’essor de l’orpaillage clandestin. Considéré comme un fléau tant pour les recettes de l’État que pour les investissements des opérateurs privés, il aurait fait perdre 498 milliards de F CFA au pays en 2016. Aussi l’État a-t-il voulu clarifier la situation en engageant une politique de régularisation et de légalisation des mines artisanales.


Premiers battements de CIL à Ity

L’usine ultramoderne du canadien Endeavour Mining près d’Ity, dans l’ouest du pays, a commencé à tourner en février 2019 et est entrée en phase de production commerciale au mois de mai suivant.

Représentant un investissement de 412 millions de dollars, cette unité utilise pour la première fois la technique de la lixiviation (CIL), qui permet d’accroître les rendements et de prolonger la durée de vie du site de quinze ans.

La plus ancienne mine d’or du pays, d’où ont été extraites 42 tonnes de minerai de 1991 à 2018, devrait ainsi produire environ 70 t d’or d’ici à 2034 (dont environ 5 t en 2019). Le gouvernement ivoirien négocie déjà avec Endeavour une extension de certains de ses permis d’exploration dans la région de Zouan-Hounien.

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