Musique

Avec « Yamatele », Daara J Family fait rimer philo et rap galsen

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Mis à jour le 04 mars 2020 à 11h13
La Daara J Family.

La Daara J Family. © copyright - ALUN BE

Quatre ans après Foundation, Ndongo D et Faada Freddy, les deux membres de Daara J Family – formation qui, depuis plus de vingt ans, occupe le devant de la scène rap sénégalaise –, reviennent avec un disque qui confirme définitivement leurs talents d’auteurs, de poètes et de compositeurs.

« Amoureux du naturel / vivre loin du métal / rêve d’une vie au goût de miel en quête du monde idéal », chantent-ils sur le titre « ADN », qui dénonce, sur fond de ballade pop-folk où dialoguent guitare et flûte, la destruction de notre écosystème, l’exploitation des ressources naturelles et l’obsession technologique.

Ce sont d’ailleurs les fils rouges de ce dernier album, Yaamatele, où le duo chante à la fois en wolof, en anglais et en français : l’être humain se doit de réhabiter le monde dans le respect de son environnement.

On sent ici l’influence du penseur sénégalais Felwine Sarr, qui signe d’ailleurs le livret du disque. « Ici, il s’agit du cœur sensible […] à contretemps d’un monde hanté par la promesse d’un futur post-humanisé et technologique où l’homme augmenté d’artefacts accroît sa puissance d’agir […] », écrit le philosophe.

D’ailleurs, « Yaamatele », titre éponyme de l’album sur lequel Daara J invite Gaël Faye, fait référence, dans le jargon sénégalais, aux personnes qui ne jurent que par leurs écrans de télévision, d’ordinateur ou de smartphone au point d’en être complètement accros.

Et, sans surprise, Daara J tape également sur les dirigeants politiques, « fous heureux, fous amoureux, des fous dangereux », et s’adresse à la jeunesse panafricaine à travers des messages de sensibilisation mais aussi d’espoir.

Mais, au-delà du propos, cet album se distingue par son ossature musicale. Si le hip-hop se fait évidemment entendre, le duo se tourne aussi vers d’autres styles tout en les transfigurant : de la musique mandingue portée par le guitariste guinéen Moh Kouyaté à l’afro-pop en passant par la trap, la rumba congolaise, les rythmiques traditionnelles angolaises ou même la bossa brésilienne. Voilà de quoi assurer la longévité du groupe, en phase avec son époque, en phase avec son public.

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