Start-up

TLCom Capital, l’investisseur qui cible l’élite des start-up continentales

Maurizio Caio, Omobola Johnson, Ido Sum, Andreata MuforoNovember 2019 in Lagos.

Maurizio Caio, Omobola Johnson, Ido Sum, Andreata MuforoNovember 2019 in Lagos. © TLCom

Le fonds TLCom Capital a convaincu plusieurs bailleurs, dont Proparco et IFC, d’injecter 71 millions de dollars dans un véhicule dévolu au continent, de l’amorçage à la série B.

Éloigné de la Botte depuis des années, Maurizio Caio n’a rien perdu de sa faconde. « L’investissement d’impact, c’est du colonialisme déguisé », tempête le fondateur et DG italien du fonds TLCom Capital. Cet ancien des équipes de Bain & Company et de McKinsey, présent dans le private equity depuis vingt ans, assume : « Mon but est de créer de la valeur et des entreprises solides pour récupérer de bons retours sur investissement. »

Bien peu doutent du flair de celui qui a su détecter dès sa phase d’amorçage le potentiel de l’« Uber africain pour camions », Kobo360, reconnu disrupteur de l’année à l’Africa CEO Forum 2019. Une perspicacité qui a convaincu plusieurs bailleurs (dont Proparco, CDC Group, IFC) d’injecter 71 millions de dollars dans un nouveau véhicule, bouclé au début de février.

Tide Africa Fund cible une douzaine d’investissements – entre 500 000 et 10 millions de dollars –, selon la maturité des entreprises (de l’amorçage jusqu’à la série B). « Ils sont pionniers en Afrique et bons dans l’investissement en série A », observe un connaisseur du secteur.

Ces deux dernières années, TLCom a aussi renforcé ses pépites, injectant 17 millions de dollars dans Twiga Foods et prenant part au dernier tour de table de 100 millions de dollars d’Andela, le formateur de codeurs, chouchou de la Fondation Zuckerberg.

Investissements judicieux

C’est en 2014 que TLCom Capital émerge sur le continent, lorsque l’entreprise effectue une sortie « très bien négociée » en cédant au mastodonte britannique Actis ses parts acquises en 2008 dans Upstream, spécialisé dans la monétisation de services mobiles. Quelques mois plus tard, il sort de Movirtu (cartes SIM virtuelles), très actif au Nigeria, au profit du canadien BlackBerry.

TLCom Capital aurait plus que doublé sa mise initiale de 5,5 millions de dollars, alors que l’investisseur vise habituellement un taux de rentabilité interne d’environ 17 %, pour des sorties après trois ou dix ans. Ragaillardi par ce double succès, le capital-investisseur recrute comme associé, en 2015, Omobola Johnson, ex-ministre des Communications du Nigeria, qui rejoint le serial-entrepreneur israélien Ido Sum et la Kényane Andreata Muforo (ex- de la BAD).

TLCom, installé à Londres, à Nairobi et à Lagos, indique examiner « une centaine de dossiers avant d’en choisir un seul », aidé par un algorithme de présélection des candidatures.

Services aux entreprises

Le quatuor d’associés, dont trois anciens de Stanford, s’avoue franchement élitiste, prêtant une attention particulière aux CV les plus solides, tels que celui du Kényan Peter Njonjo (Twiga Foods), du Nigérian Sim Shagaya (uLesson, 3,1 millions de dollars en amorçage), ou de l’Antillais Kenfield Griffith (Ajua, ex-M-Survey, dont la série A s’est bouclée à 3,5 millions de dollars), docteur en informatique du MIT.

Passé l’écrémage, les investisseurs scrutent les modèles d’affaires, avec une préférence pour les services aux entreprises : « On s’intéresse aux concepts de mise en relation par mobile ou à des logiciels d’entreprises. Ils doivent être rapidement déployables sur plusieurs marchés », analyse Maurizio Caio.

TLCom exige un siège au conseil d’administration et, si possible, un poste d’observateur, s’engageant en échange à faciliter la chasse de têtes et la mise en relation avec de potentiels clients. Surprise : le portefeuille de TLCom Capital ne contient pas de fintech.

« L’occasion ne s’est pas présentée sur un segment très compétitif où les sorties ne sont pas attirantes », explique Maurizio Caio, partisan d’acteurs « qui développent leur propre infrastructure de paiement, comme Interswitch, plutôt que des solutions d’agrégation, comme Paystack ou Flutterwave ». Selon nos informations, un premier investissement est attendu dans les prochains mois.

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