Politique

[Édito] La faute de M. Griveaux

Par

François Soudan est directeur de la rédaction de Jeune Afrique.

L'ancien porte-parole du gouvernement français et ancien candidat à la mairie de Paris, Benjamin Griveaux, lors d'une conférence de presse le 13 février 2020.

L'ancien porte-parole du gouvernement français et ancien candidat à la mairie de Paris, Benjamin Griveaux, lors d'une conférence de presse le 13 février 2020. © Thibault Camus/AP/SIPA

Bien malgré lui, le désormais ex-candidat à la mairie de paris a participé à la dévalorisation du politique. À force de faire des réseaux sociaux le lieu de conquête, et même d’exercice, du pouvoir, les tenants du « nouveau monde » ont oublié le potentiel destructeur du regard panoptique porté par le village global.

J’ai un aveu à vous faire : je n’aime pas me regarder dans mon téléphone. Insoumis chronique à la dictature de la nouvelle économie et des réseaux sociaux, je n’ai de compte ni sur Facebook, ni sur Twitter, ni sur Instagram. Quitte à passer pour un autiste, je n’éprouve pas le besoin d’informer la communauté numérique du moindre détail de ma fascinante pensée et je me fiche de savoir si ce que je dis ou fais est ou non viral.

La course au follower m’est indifférente, et mon ego n’étant pas suffisamment boursouflé pour cela, je prive sans états d’âme les autres de ce que j’ai à dire de moi. Je n’ai pas l’angoisse du vide, ni celle du Fobo (fear of being offline, « peur d’être déconnecté »), encore moins l’obsession de la visibilité. Et si, en défendant ainsi pied à pied mon droit à l’opacité, j’ai parfois l’impression d’appartenir à l’ancien monde, au moins mes nuits ne sont pas peuplées de cauchemars.

Discrédit des politiques

Benjamin Griveaux, ce jeune loup du macronisme et ex-candidat à la mairie de Paris, à qui il est arrivé ce que tout le monde sait et condamne – une exécution publique abjecte par vidéo interposée –, est, lui, un homme du « nouveau monde ». Celui où les personnalités politiques mettent en scène sur les médias sociaux, à coups d’éléments de langage, leurs pulsions et leurs émotions, tout en se croyant obligés de réagir à la moindre occasion.

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