Sécurité

Au Mali, Ibrahim Boubacar Keïta prêt au dialogue avec les jihadistes, au risque de négocier avec le diable

Le président malien IBK quitte Bamako pour Nouakchott, le 24 février 2020.

Le président malien IBK quitte Bamako pour Nouakchott, le 24 février 2020. © Présidence Mali

Après avoir longtemps refusé tout contact avec les jihadistes, le président malien Ibrahim Boubacar Keïta, entrouvre pour la première fois la porte à des pourparlers. Jusqu’où et à quel prix ?

Son premier cercle l’assure : Ibrahim Boubacar Keïta n’avait pas prévu d’évoquer le sujet durant cette interview. Mais ce 10 février, à Addis-Abeba, quand RFI et France 24 l’interrogent sur les possibilités de négociations avec Amadou Koufa et Iyad Ag Ghaly, le président malien ne se défile plus.

Pour la première fois, il reconnaît que le contact a été établi avec les deux principaux chefs du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), nébuleuse jihadiste sahélienne affiliée à Al-Qaïda. « J’ai le devoir et la mission de créer tous les espaces possibles et de tout faire pour que, par un biais ou un autre, nous parvenions à un apaisement. Il est temps que certaines voies soient explorées […]. Nous ne sommes pas des gens butés, bloqués ou obtus. »

Ces propos ont de quoi surprendre. Jamais, depuis son entrée au palais de Koulouba, en septembre 2013, il ne s’était montré si ouvert. Récemment encore, il répétait qu’il était hors de question de négocier quoi que ce soit avec ces « terroristes ». N’avait-il pas déclaré en juin 2019 à JA qu’une « mer de sang [le] sépar[ait] de ces gens » et qu’il n’avait « rien à dire » à Iyad Ag Ghaly ?

Des négociations déjà existantes

Malgré cette fermeté de façade, nul n’ignorait les différents canaux plus ou moins officiels qui existaient déjà entre Bamako et les maquis d’Amadou Koufa dans le Centre. Pendant longtemps, le chef de l’État a tâtonné sur la stratégie à adopter sur cette question sensible. Pressé par une opinion publique favorable à l’instauration d’un dialogue avec les jihadistes maliens, il a essayé différentes formules.

En 2017, son Premier ministre Abdoulaye Idrissa Maïga chapeaute directement une « mission de bons offices » de l’imam Mahmoud Dicko auprès des réseaux de Koufa. Mais l’arrivée à la primature de Soumeylou Boubèye Maïga, partisan d’une ligne dure, met brusquement un terme à cette initiative au début de 2018.

Le cap est désormais clairement donné : il faut que nous nous parlions entre Maliens pour trouver des solutions

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