Sécurité

Crise anglophone au Cameroun : dialogue impossible entre ennemis intimes

Un bureau de vote à Lysoka, près de Buéa (Sud-Ouest), lors de l’élection présidentielle du 7 octobre 2018.

Un bureau de vote à Lysoka, près de Buéa (Sud-Ouest), lors de l’élection présidentielle du 7 octobre 2018. © MARCO LONGARI/AFP

La possibilité d’une issue négociée à la crise anglophone semble s’éloigner à mesure que croît le nombre de victimes.

Une famille unie. Devant elle, une pièce montée or et corail, assortie à la robe de la première dame. Paul Biya, dans un costume immaculé, arbore un léger sourire. Pour ses 87 ans, le chef de l’État est entouré par ses proches : Franck, son fils, deux de ses petites-filles, Chantal bien sûr… En ce 13 février, seul le bruit de la cascade qui alimente les bassins de sa résidence de Mvomeka’a semble pouvoir troubler la tranquillité du clan Biya.

Le 14 février, le vacarme des balles a remplacé la quiétude des eaux du Sud. À 14 heures, des militaires font irruption dans le village de Ngarbuh, dans le Nord-Ouest. Bilan : 23 morts, selon le bureau de coordination humanitaire de l’ONU. Quinze ne sont que des enfants, neuf n’avaient pas 5 ans. Selon des témoignages, les corps sont brûlés en même temps que des habitations.

La souffrance, les tueries et la mort sont désormais la norme

Alors que la fumée retombe, l’indignation s’élève. L’avocat Félix Agbor Mballa, président du Centre pour les droits de l’homme et la démocratie en Afrique (CHRDA), dénonce « l’horrible meurtre » de femmes et d’enfants « par les forces de défense de l’État ». Le colonel Cyrille Atonfack Guemo, porte-parole de l’armée, rétorque, laconique : « Les forces de défense et de sécurité camerounaises ne sont pas impliquées. »

Qui croire ? Quelques heures plus tard, le ministère de la Défense évoque un « regrettable incident ». L’armée aurait attaqué un « refuge fortifié » de séparatistes ambazoniens, et l’« explosion de plusieurs contenants de carburants » aurait fait « 5 victimes, 1 femme et 4 enfants, bien loin de ce qui a été relayé par les réseaux sociaux ».

Des investigations sont en cours, menées par la gendarmerie et la sécurité militaire. « Il faut ouvrir une enquête avec des membres de la société civile, du gouvernement et de l’opposition », affirme Félix Agbor Mballa. « La souffrance, les tueries et la mort sont désormais la norme », se désole l’opposant Akere Muna. À l’heure où nous écrivions ces lignes, Paul Biya ne s’était pas exprimé, malgré les exactions qui se multiplient ces derniers mois.

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