Justice

Algérie : Anis Rahmani, un intouchable derrière les barreaux

Réservé aux abonnés | | Par - Envoyé spécial à Alger
Anis Rahmani, le patron d'Ennahar

Anis Rahmani, le patron d'Ennahar © Capture d'écran/DR

Le PDG de la chaîne Ennahar TV était un proche de Saïd Bouteflika, l’ancien influent conseiller à la présidence.

L’absence de la chaîne Ennahar TV à la conférence de presse tenue en janvier par le président Abdelmadjid Tebboune était déjà un signe de la disgrâce de son patron, Anis Rahmani, de son vrai nom Mohamed Mokaddem. Et il n’aura pas fallu attendre longtemps pour que celle-ci se traduise sur le terrain judiciaire.

PDG du groupe Ennahar, qui comprend la chaîne de télévision éponyme ainsi qu’un quotidien en arabe à grand tirage, Rahmani a été placé le 13 février sous mandat de dépôt à la prison de Koléa, à l’ouest d’Alger. Au terme d’une garde à vue de plus de 24 heures, il a été mis en examen pour « acquisition d’avantages indus » et « détention de comptes bancaires à l’étranger ».

L’ascension fulgurante

Ancien journaliste spécialiste des questions sécuritaires, Anis Rahmani, 49 ans, a connu une ascension fulgurante avec la création d’Ennahar TV, en mars 2012. Très vite, cette dernière s’impose comme la première chaîne d’information en Algérie. Délation, manipulations ou encore bidonnage des informations, c’est peu dire que les méthodes de la chaîne étaient peu professionnelles.

La proximité de son PDG avec Saïd Bouteflika, l’ancien influent conseiller à la présidence qui purge une peine de quinze ans de prison, a fait d’Ennahar TV le canal quasi officiel du pouvoir et un instrument de propagande au service du clan présidentiel. Anis Rahmani est alors intouchable.

En octobre 2018, il diffuse un enregistrement d’une conversation téléphonique avec un colonel des services de renseignements qu’il menace sans que la justice estime utile de lui demander des explications. En décembre 2019, lors de la campagne électorale pour la présidentielle, Ennahar TV attaque le candidat Abdelmadjid Tebboune en divulguant des photos d’un voyage en Moldavie et en Turquie en août 2017. La chute du clan Bouteflika annonçait inéluctablement celle d’Anis Rahmani.

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