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Cet article est issu du dossier «Bénin : un test et des promesses»

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BTP & Infrastructures

L’accès universel à l’eau potable au Bénin en 2021 dans les bons tuyaux

La centrale thermique de Maria-Gléta II (127 MW), à Abomey-Calavi.

La centrale thermique de Maria-Gléta II (127 MW), à Abomey-Calavi. © RODRIGUE AKO/PR Bénin

Nombre de projets ont été engagés pour améliorer l’accès aux services de base dans le pays. Et les résultats semblent à la hauteur des investissements du gouvernement béninois.

Accès universel à l’eau potable en 2021. C’est le pari que le Programme d’actions du gouvernement (PAG) entend relever, neuf ans avant l’échéance fixée par les Nations unies pour atteindre les Objectifs de développement durable (ODD). D’ores et déjà 70 % de la population béninoise a accès à des sources d’eau potable améliorées.

En trois ans, le programme mis en place pour l’accès universel et équitable à l’eau potable en milieu urbain a permis d’améliorer la capacité de stockage de plus de 143 600 m³, mais aussi d’étendre le réseau de distribution de 176 km et celui d’adduction d’eau de 47 km.

À Abomey-Calavi, deuxième ville la plus peuplée du pays après Cotonou, la capacité actuelle de production d’eau a plus que doublé en trois ans, passant de 617 m³/h à 1 500 m³/h, et le réseau de distribution a été augmenté de 103 km de canalisations.

« Depuis 2016, nous avons donné accès à l’eau à près de 900 000 personnes dans les villes. À l’horizon 2021, grâce aux travaux en cours, plus de 2 millions de Béninois supplémentaires auront accès à l’eau potable en ville », se satisfait Abdoulaye Bio Tchané, ministre d’État chargé du Plan et du Développement, qui souligne que plus de 400 milliards de F CFA (près de 610 millions d’euros) ont été mobilisés depuis trois ans pour ce programme.

Forages et adduction

En milieu rural, six projets structurants sont en cours, pour un investissement de 234 milliards de F CFA, qui incluent près de 200 forages à gros débit et 110 chantiers d’adduction d’eau dans les villages, dont 24 seront livrés en avril, qui alimenteront plus de 223 500 personnes. L’objectif est d’approvisionner en eau potable 4,5 millions de personnes supplémentaires dans les campagnes d’ici à 2021.

Le taux d’électrification du pays n’était encore que de 43 % en 2017 et de seulement 18 % en milieu rural

Les déficits de production et d’accessibilité en matière d’énergie électrique sont encore plus lourds. En effet, le taux d’électrification du pays n’était encore que de 43 % en 2017 et de seulement 18 % en milieu rural (contre 6,3 % en 2015).

Le gouvernement mise sur la fourniture de gaz pour alimenter les ménages et approvisionner, grâce à un pipeline offshore, les centrales du pays, dont celle, thermique, de Maria-Gléta II (127 MW) d’Abomey-Calavi, inaugurée en août 2019. Construite pour un montant de 180 millions de dollars par le consortium danois composé de Burmeister & Wain Scandinavian Contractor (BWSC) et de MAN Energy Solutions, cette dernière fonctionne jusqu’à présent au fioul.

Le 24 juillet 2019, le gouvernement a signé avec le français Total un contrat pour l’installation d’une unité flottante de stockage et de regazéification (FSRU). Le terminal servira à importer au Bénin environ un demi-million de tonnes de gaz naturel liquéfié (GNL) par an, pour une durée de quinze ans, à compter de 2021.

Bien que partie prenante du projet de gazoduc d’Afrique de l’Ouest, le Bénin, comme la plupart des pays de la sous-région, est victime d’un approvisionnement irrégulier dû au manque d’infrastructures de transport et de distribution de gaz, et de systèmes de tarification peu attrayants. « L’accès au GNL permettra au Bénin de faire face à la demande énergétique nationale croissante et d’accroître la part de gaz naturel dans le mix énergétique du pays, réduisant ainsi son intensité carbone », assure Laurent Vivier, directeur gaz de Total.


Le projet d’asphaltage des villes toujours en cours

Cotonou, Porto-Novo, Parakou ou Bohicon… Les rues des neuf principales villes du Bénin sont en travaux. La première phase du projet Asphaltage – 195 km de voiries sur les 646 km du projet global – est entrée dans le « dur ». Démarrés en août 2018, les travaux affichaient un taux de réalisation de 56 % au 31 octobre 2019. L’objectif est de passer de 10 % de voiries urbaines bitumées ou pavées actuellement à 30 %. De quoi transformer la vie des Béninois urbains.

Aux critiques portant sur le coût élevé du projet – 1 milliard de F CFA (plus de 1,5 million d’euros) au kilomètre linéaire –, le ministre chargé du Cadre de vie, José Tonato, répond que « le projet ne consiste pas seulement à asphalter. Il implique l’aménagement d’espaces verts, des équipements de sécurité, de mobilier urbain et de l’éclairage public solaire ». Ce projet s’adosse à un autre chantier qui porte sur la salubrité et la gestion des déchets solides ménagers.

Lancé en 2019, il est encore dans sa phase préparatoire de sélection des PME qui seront chargées d’assurer la collecte des déchets et le nettoyage ; le gouvernement table sur la création de 1 500 emplois directs. Cotonou, particulièrement choyée, bénéficie en outre d’un programme spécial sur l’assainissement pluvial, pour environ 238 milliards de F CFA. Destinés à « maîtriser durablement les inondations cycliques et désastreuses » dans la capitale économique, les travaux doivent démarrer cette année.

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