Diplomatie

Embaló, Guterres, Mushikiwabo, Guelleh… dans les coulisses du 33e sommet de l’Union africaine

Réservé aux abonnés | | Par Jeune Afrique
Mis à jour le 18 février 2020 à 15h14
33e sommet de l'Union africaine

33e sommet de l'Union africaine © Présidence sud-africaine

D’Umaro Sissoco Embaló qui n’a pas pu représenter officiellement son pays au lobbying de Djibouti un siège au Conseil de sécurité de l’ONU, en passant par le bras de fer autour de la médiation de l’UA en Libye : tout ce qu’il faut savoir sur les coulisses du dernier sommet de l’Union africaine.

• Les premiers pas d’Embaló

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Umaro Sissoco Embalo et Sahle-Wo'rk Zewde, la présidente éthiopienne, à Addis-Abeba, le 8 février 2020; © DR / Copie d’écran Twitter Umaro Sissoco Embalo

Au sommet de l’UA (les 9 et 10 février), à Addis-Abeba, Umaro Sissoco Embaló, dont l’élection à la tête de la Guinée-Bissau n’a pas encore été validée par la Cour suprême, n’a pu représenter officiellement son pays.

Non seulement l’UA a annulé son invitation le 31 janvier – « compte tenu du fait que le processus électoral [n’était] pas achevé » – , mais Alpha Condé a fait pression auprès de ses pairs pour qu’il ne puisse siéger en tant que chef d’État. C’est l’ancienne ministre des Affaires étrangères, Suzi Carla Barbosa, qui a occupé le siège bissau-guinéen.

Cela n’a cependant pas empêché l’intéressé d’être reçu le 8 février avec tous les honneurs par Sahle-Wo’rk Zewde, la présidente éthiopienne, lors de son arrivée à Addis-Abeba. Embaló s’est ensuite également entretenu, notamment, avec Mahamadou Issoufou, président de la Cedeao, et avec Idriss Déby Itno, qu’il a invité à sa cérémonie d’investiture, prévue le 27 février. Il affirme même avoir pu se rendre dans le Nelson Mandela Hall « avec un badge de chef d’État ».

Embaló s’est ensuite envolé pour Jakarta (Indonésie) à bord d’un avion prêté par le Nigeria. Le 13 février, il a rencontré le président Joko Widodo, en compagnie de l’homme d’affaires franco-israélien Philippe Hababou Solomon, qu’il connaît depuis plusieurs années. L’Indonésie, qui cherche à renforcer sa présence en Afrique, sera représentée à son investiture par le général Moeldoko, chef de cabinet de Widodo.

• Pas de nouvel émissaire de l’UA en Libye

Face aux critiques accusant l’ONU d’avoir marginalisé l’Afrique dans la recherche d’une solution au conflit libyen, António Guterres, le secrétaire général des Nations unies, a, depuis Addis-Abeba, salué l’action de l’UA en matière de médiation.

Un temps réclamé par des États africains, le remplacement de Ghassan Salamé par un médiateur conjoint UA-ONU n’est plus à l’ordre du jour.

Si les négociations en cours à Genève débouchent sur un cessez-le-feu en Libye, une mission d’observation conjointe contrôlera le respect de la trêve. L’extension du mandat de la représentante de l’UA pour la Libye, la Tunisienne Wahida Ayari Sakkej, pourrait alors être envisagée.

• Ismaïl Omar Guelleh s’active pour le siège au Conseil de sécurité

Ismail Omar Guelleh, le président djiboutien, et Abiy Ahmed, Premier ministre éthiopien, le 10 février à Addis-Abeba, en marge du sommet de l'UA.

Ismail Omar Guelleh, le président djiboutien, et Abiy Ahmed, Premier ministre éthiopien, le 10 février à Addis-Abeba, en marge du sommet de l'UA. © DR / Primature éthiopienne.

À Addis-Abeba, Djibouti a continué de réclamer le siège de membre non permanent au Conseil de sécurité de l’ONU (à pourvoir en juin prochain) qui lui avait échappé à la fin d’août 2019 quand les représentants permanents à l’UA lui avaient préféré le Kenya.

Ismaïl Omar Guelleh demande un nouveau vote impliquant les ministres ou les chefs d’État. Il a évoqué le sujet avec l’Égyptien Abdel Fattah al-Sissi, le Congolais Denis Sassou Nguesso et l’Éthiopien Abiy Ahmed. Mahmoud Ali Youssouf, son ministre des Affaires étrangères, en a quant à lui discuté avec ses pairs marocain Nasser Bourita et gabonais Alain Claude Bilie-By-Nze.

• Centrafrique, Soudan, Angola… Idriss Déby Itno sur tous les fronts

Idrisse Déby Itno, le président tchadien, et Abdallah Hamdok, Premier ministre de Soudan, lors de leur rencontre en marge du sommet de l'Union africaine à Addis Abeba le 9 février 2019.

Idrisse Déby Itno, le président tchadien, et Abdallah Hamdok, Premier ministre de Soudan, lors de leur rencontre en marge du sommet de l'Union africaine à Addis Abeba le 9 février 2019. © DR / Présidence tchadienne

Le 9 février, Idriss Déby Itno (IDI) a évoqué avec Abdallah Hamdok, le Premier ministre soudanais, le renforcement de la force mixte Tchad-Soudan.

Ils ont aussi évoqué la crise centrafricaine, sujet que Déby Itno avait abordé avec Faustin-Archange Touadéra (son voisin à l’Assemblée de l’UA). IDI craint les répercussions que pourrait avoir le retour à Bangui de l’ex-président François Bozizé.

Le lendemain, le Tchadien s’est entretenu avec l’Angolais João Lourenço, dont le pays est un gros importateur de bétail tchadien.

• Les invités de Louise Mushikiwabo

Le 7 février, la RD Congo et Louise Mushikiwabo, la secrétaire générale de l’OIF, ont convié à un cocktail à l’hôtel Sheraton Addis de nombreux ministres africains des relations extérieures : Sabri Bachtobji (Tunisie), Lejeune Mbella Mbella (Cameroun), Mohamed El-Amine Souef (Comores), Jean-Claude Gakosso (Congo), Mahmoud Ali Youssouf (Djibouti), Alain Claude Bilie-By-Nze (Gabon)… La star Fally Ipupa, qui se produisait pour la première fois en Éthiopie, a donné un concert.

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