Société

Les détritus dangereux, un casse-tête pour les villes africaines

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Mis à jour le 21 février 2020 à 15:07

Des militants de Greenpeace lors d’une action visant le Probo Koala, qui a convoyé des déchets toxiques dervsés ensuite illégalement à Abidjan, en août 2006. © ASLUND/GREENPEACE INTERNATIO/SIPA

Malgré l’adoption en 1991 la Convention de Bamako interdisant l’importation de tous les produits dangereux et déchets radioactifs sur le continent, les déchets nocifs continuent d’inonder les décharges africaines.

Les villes africaines doivent aussi gérer des déchets d’origine industrielle, médicale, ou des équipements électroménagers extrêmement nocifs pour l’homme et l’environnement. Ces résidus – boues, peintures, fonds de fûts souillés, composants ­électroniques avec métaux lourds, seringues infectées – doivent faire l’objet d’un traitement particulier.

Or ils finissent trop souvent dans les décharges, risquant de provoquer des empoisonnements et la contamination des sols et des nappes phréatiques. Ce nouveau marché attire les deux géants français de l’environnement, Veolia et Suez. Si certains détritus sont produits localement, une partie d’entre eux continue de venir de pays ­développés qui les exportent.

En 1988, le village de pêcheurs de Koko, au Nigeria, a été victime d’une fuite de barils de déchets toxiques exportés par des groupes italiens. En réaction à cet accident dramatique, les pays africains ont adopté en 1991 la Convention de Bamako interdisant l’importation de tous les produits dangereux et déchets radioactifs sur le continent.

Entrée en vigueur en 1998, elle est encore mal respectée, le pire exemple étant la pollution provenant du cargo ­Probo-Koala, à Abidjan, en 2006, qui a fait 17 morts. Depuis lors, trois Conférences des parties (COP) des pays africains se sont tenues pour réfléchir à une meilleure surveillance de la circulation et du traitement de ces débris particuliers. La dernière COP sur le sujet vient de s’achever ce 14 février à Brazzaville.