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Cet article est issu du dossier «Le Togo à la veille de la présidentielle»

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Togo : coups de pouce à l’esprit d’initiative

Sahouda Gbadamassi-Mivedor, directrice générale du Fonds d'appui aux initiatives économiques des jeunes (Togo).

Sahouda Gbadamassi-Mivedor, directrice générale du Fonds d'appui aux initiatives économiques des jeunes (Togo). © Louis Vincent/Piment pour JA

Grâce à de nouveaux acteurs qui les épaulent dans leur quête de financement et de formation, de plus en plus de jeunes Togolais se lancent dans la création de sociétés.

« Être entrepreneur, c’est conjuguer des compétences au service d’un projet d’entreprise. Et notre rôle est de renforcer ces compétences et d’accompagner la mise en œuvre de ce projet », explique Sahouda Gbadamassi-Mivedor, directrice générale du Fonds d’appui aux initiatives économiques des jeunes (FAIEJ).

Les performances enregistrées en 2019 par ce mécanisme d’appui technique et financier, lancé par le gouvernement togolais pour faciliter l’insertion socioprofessionnelle des jeunes à travers l’entrepreneuriat, suffisent à mesurer son succès : plus de 5 000 emplois créés par près de 3 000 porteurs de projets, financés à hauteur de plus de 3 milliards de F CFA (4,5 millions d’euros).

Former les jeunes et financer leurs projets

Grâce à son dynamisme et à son caractère, Sahouda Gbadamassi-Mivedor a réussi à nouer une série de partenariats public-privé (PPP) pour former les jeunes et financer leurs projets. À ce jour, plus de 106 000 personnes ont été sensibilisées à l’esprit d’entreprise, et plus de 17 000 d’entre elles ont pu être formées techniquement à diverses qualifications professionnelles.

« Nous avons aussi vocation à développer leurs compétences sociales, ajoute la directrice. Respecter un ­rendez-vous et des délais de livraison est une obligation que tout chef d’entreprise se doit d’honorer. » Malgré leurs compétences, les jeunes Togolais ont toujours autant de difficultés à financer leurs projets. Le FAIEJ a donc créé un crédit jeune entrepreneur (CJE) à 4,5 % d’intérêts, qui peut également faire office de garantie pour solliciter des crédits auprès d’établissements bancaires et de microfinance. Plus de 12 000 personnes se sont inscrites pour en bénéficier.

Pour Sahouda Gbadamassi-Mivedor, l’entrepreneuriat est une véritable « clé de voûte dans la lutte contre le chômage des jeunes ». Un avis salué par ceux qui jouissent déjà des mécanismes de soutien du FAIEJ et qui en ont profité pour lancer leur propre affaire. L’avant-garde d’une armée de jeunes entrepreneurs togolais telle qu’en rêve cette femme déterminée. Mais la directrice du Fonds ne doit pas baisser la garde si elle veut atteindre l’objectif fixé par le Plan national de développement (PND) de 500 000 nouveaux emplois d’ici à 2022.


Ils ont créé leur société

  • Adamas Koudou, directeur général de NatuThé
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42423.HR.jpg © Louis Vincent

Depuis 2013, Adamas Koudou est l’heureux directeur général de NatuThé, qu’il a lui-même créé. Cette société est spécialisée dans la fabrication et la commercialisation de thé de kinkéliba, 100 % bio et togolais.

Les feuilles de cet arbuste présent un peu partout en Afrique de l’Ouest, reconnues pour leurs vertus médicinales, sont récoltées sur une plantation de dix hectares appartenant à la coopérative Bio-Afrique Infusion et située à une soixantaine de kilomètres de Lomé, où est installée l’usine de transformation.

Koudou Adamas a profité d’un accompagnement technique et financier accordé par le Fonds d’appui aux initiatives économiques des jeunes (FAIEJ) pour se lancer dans la filière. Après avoir été successivement photographe, taxi-moto et responsable en marketing, il embrasse une nouvelle carrière, avec l’idée fixe de remplacer sur le marché togolais les thés importés par ses feuilles de kinkéliba.

Pour cela, il a dû d’abord convaincre ses compatriotes de consommer localement. Et a pu compter sur l’appui de la grande majorité des bars, des restaurants, des maquis et même des pharmacies de Lomé et de ses environs, qui se sont engagés à soutenir son initiative et ses produits. De quoi permettre à Koudou Adamas de nourrir de nouvelles ambitions, à l’échelle continentale cette fois, avant de s’attaquer aux marchés européen et nord-américain.

  • Aimée Abra Tenu-Lawani, créatrice de la marque Kari Kari
Aimée Abra Tenu-Lawani

Aimée Abra Tenu-Lawani © Marcel Amouzou/Piment pour JA

« À Kari Kari, nous pensons que la nature est notre première enveloppe corporelle. Que c’est grâce à elle que nous pouvons simplement exister. Prendre soin d’elle, consommer de façon responsable ce qu’elle nous offre de meilleur, nous procurera un bien-être au quotidien. »

En quelques phrases, Aimée Abra Tenu-Lawani résume toute la philosophie de la société SetP Cosmétiques naturels, qu’elle dirige et qu’elle a elle-même fondée en 2014. Elle commercialise, sous la marque Kari Kari, des cosmétiques aux huiles végétales, tous certifiés bio et équitables. Ses savons, aujourd’hui très prisés au Togo, lui rappellent ceux fabriqués dans les années 1990, sous le logo Soda-Di, qu’utilisaient les femmes pour la lessive et le ménage.

À 34 ans, elle partage ses semaines entre Lomé et Kpalimé, à 120 km au nord-ouest de la capitale, où est implantée son usine de transformation. Aimée Abra Tenu-Lawani s’est fixé comme objectif de valoriser les matières premières locales et le savoir-faire traditionnel. Une démarche saluée par les autorités et qui lui a déjà valu de nombreux prix et distinctions. Elle a notamment été récompensée, en 2011, lors du Young African Women Leaders Forum, en présence de l’ex-première dame américaine Michelle Obama.

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