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Cet article est issu du dossier «Le Togo à la veille de la présidentielle»

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Économie

Des indicateurs au vert pour l’économie togolaise

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Port de Lomé, dont le trafic a progressé de près de 25 % depuis 2015.

Port de Lomé, dont le trafic a progressé de près de 25 % depuis 2015. © Jacques TORREGANO pour JA

Salués par le FMI, les bons résultats enregistrés par Lomé devraient être consolidés par le Plan national de développement (PND) en mars 2019.

À moins de cinq mois du terme de l’accord avec le FMI portant sur le décaissement de 238 millions de dollars, les indicateurs macroéconomiques du pays sont au vert. « Le Togo revient de loin, et sa trajectoire économique est désormais sur les bons rails », ont estimé les experts du Fonds lors de la dernière revue du programme, en décembre.

Même si la suite de ce dernier n’a pas encore été convenue entre les deux parties, les résultats obtenus sont déjà appréciables, notamment en matière fiscale et budgétaire. « Juste après les élections, le nouveau gouvernement entamera les discussions avec le FMI pour conclure un nouveau programme, promet Sani Yaya, le ministre de l’Économie et des Finances. Notre économie a d’énormes besoins en matière de financement, alors même que nous devons répondre à une demande sociale pressante. »

Finances assainies

En attendant cette éventuelle prolongation, le Togo connaît un raffermissement de sa croissance économique pour la troisième année consécutive, avec un taux de 5,3 % en 2019, contre 4,9 % l’année précédente, pendant que l’inflation reste contenue à 0,4 %. Pour 2020, les bailleurs de fonds tablent déjà sur une croissance de 5,5 %, sous les effets conjugués de la demande intérieure et de la bonne santé du port autonome de Lomé – depuis la modernisation de ses quais, en 2015, le trafic a progressé de près de 25 %.

 

La dynamique enclenchée depuis le début des années 2010, quand le pays affichait encore une croissance négative de 2 %, a permis de voir le revenu par habitant passer de 350 à 672 dollars au cours des quatre dernières années. Les finances publiques ont pu être assainies, avec un seuil de la dette ramené à 69 %, conformément aux injonctions de l’Uemoa. Les recettes de l’État ont bondi pour atteindre 750 milliards de F CFA (plus de 1 milliard d’euros) en 2018, soit quatre fois plus qu’en 2015.

« Le Plan national de développement [PND] va accélérer et approfondir ces résultats », jugés déjà très encourageants par l’entourage du président. Lancé en mars 2019, le PND, estimé à 4 622 milliards de F CFA et financé aux deux tiers par le secteur privé, bénéficie donc d’un contexte macroéconomique sain. Entré dans sa phase opérationnelle, il sert de catalyseur à l’investissement privé, notamment dans la finance et la logistique.

« Nous reconnaissons les efforts consentis par les pouvoirs publics. À nous, secteur privé, d’en profiter pour avancer, confie Laurent Tamegnon, le patron des patrons togolais. Il faut du temps pour que le PND soit appliqué et que les projets d’investissement puissent se concrétiser. »

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Vague de privatisations

Le pays se targue aujourd’hui de disposer d’un cadre des affaires attrayant, « qui séduit les entrepreneurs », confirme Cynthia Gnassingbé, secrétaire général du holding d’État Togo Invest. Les projets d’agropoles  semblent particulièrement susciter leur intérêt. Celui de Kara, dont les travaux doivent démarrer cette année, va mobiliser 100 milliards de F CFA.

L’autre grand dossier aux mains des autorités porte sur la privatisation de certaines entreprises. En cédant 51 % du capital de Togocom, le gouvernement a dégagé un solde excédentaire de trésorerie de 71,6 milliards de F CFA, qui lui a permis de combler entièrement le déficit du solde budgétaire.

Lomé doit maintenant accélérer la cadence et achever de privatiser les deux banques publiques, l’Union togolaise de banque (UTB) et la Banque togolaise pour le commerce et l’industrie (BTCI), pour réduire les risques de glissement budgétaire. Les créances en souffrance cumulées par ces deux établissements publics s’élèvent à plusieurs dizaines de milliards de francs CFA.

De son côté, la Compagnie énergie électrique du Togo (CEET) a conclu un accord avec l’émirati Amea Power pour la mise en place d’une centrale photovoltaïque de 50 MW à 270 km au nord de Lomé. « Si nous structurons bien nos projets, la plateforme logistique et le parc industriel verront le jour cette année », espère Cynthia Gnassingbé. Une perspective qui permet à Lomé de tabler sur une croissance de 6,2 % pour 2020, dans le sillage de son PND, devenu le véritable référentiel du développement économique togolais.


Plus de flexibilité

Le gouvernement togolais a pris une série de mesures destinées à faciliter la création de société. Plus d’une quarantaine de réformes ont ainsi été promulguées ces dernières années pour rendre moins coûteuse l’obtention d’un permis de construire, accélérer le raccordement au réseau électrique, simplifier l’enregistrement d’un titre de propriété ou obtenir plus aisément un crédit bancaire.

Le nouveau code foncier a, par exemple, réduit les délais et les coûts d’obtention d’un titre. Le défi des autorités est maintenant d’accélérer la dématérialisation des procédures du fisc et de la sécurité sociale avec les déclarations en ligne.

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