Sécurité

Terrorisme : Iyad Ag Ghaly, un parrain aux aguets pour Abou Walid al-Sahraoui

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Extrait d’une vidéo mise en ligne le 5 août 2014.

Extrait d’une vidéo mise en ligne le 5 août 2014. © AFP

Il ne fait guère de doute qu’Iyad Ag Ghaly, considéré comme le principal chef jihadiste au Sahel ces dernières années, a surveillé de près l’émergence d’Abou Walid al-Sahraoui.

Sûrement méfiant face à ce nouveau venu se revendiquant de l’État islamique, Iyad Ag Ghaly a laissé Abou Walid al-Sahraoui s’implanter dans la zone de Ménaka, tandis que lui gardait la main sur son fief, au nord de Kidal.

Puis les deux hommes se sont progressivement rapprochés. Selon différentes sources sécuritaires, l’émir du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) et celui de l’État islamique au grand Sahara (EIGS) se sont rencontrés le 10 décembre 2017 près de Kidal.

« Les mêmes ennemis »

Le fil n’a plus été rompu. Ag Ghaly a envoyé plusieurs émissaires à Sahraoui, dont les dénommés Faknane et Abdallah, deux de ses lieutenants dans les zones de Talataye et Ménaka. « Ce ne sont pas les mêmes organisations, mais ils ont les mêmes ennemis : la France, les gouvernements sahéliens, les groupes armés pro-Bamako », explique un responsable touareg, qui évoque des « alliances d’opportunités » entre les deux groupes.

À chacun ses zones d’action et ses objectifs. Ce qui ne les empêche pas de collaborer ponctuellement. Des passerelles existent aussi à travers des combattants mercenaires, qui, en fonction des attaques et des besoins, se battent tantôt pour l’un, tantôt pour l’autre.

D’après nos informations, une nouvelle réunion entre des cadres des deux mouvements a eu lieu en octobre dernier pour réfléchir à la meilleure stratégie à adopter face au G5 Sahel. Cette entente peut-elle durer ?

la concurrence pourrait devenir féroce

« L’EIGS n’est plus le petit groupe de ses débuts. Aujourd’hui, Sahraoui a l’EI derrière lui. Le rapport des forces n’est plus le même et la concurrence pourrait devenir féroce. Il y a trop d’intérêts en jeu, à commencer par le contrôle des trafics », conclut un spécialiste des groupes jihadistes sahéliens.

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