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Cet article est issu du dossier «Le Togo à la veille de la présidentielle»

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Vie des partis

Togo : que reste-il de C14, la coalition des partis d’opposition ?

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Brigitte Adjamagbo-Johnson,  coordinatrice de la coalition, et Jean-Pierre Fabre, leader de l’ANC, en 2017, à Lomé.

Brigitte Adjamagbo-Johnson, coordinatrice de la coalition, et Jean-Pierre Fabre, leader de l’ANC, en 2017, à Lomé. © Yanick FOLLY / AFP

La coalition, qui ne rassemble plus que cinq partis, semble en sursis. Le scrutin du 22 février sera pour elle un véritable test.

La coalition des partis de l’opposition (C14), qui avait boycotté les législatives de 2018 et les municipales de juin 2019 – les premières depuis plus de trente ans – estime avoir appris de ses erreurs. Elle va donc participer au scrutin présidentiel de février prochain.

« Nous considérons cette échéance électorale comme une opportunité pour réaliser l’alternance tant attendue par les Togolais, explique la coordinatrice de la C14, Brigitte Adjamagbo-Johnson. La seule manière d’y parvenir est d’y aller en rangs serrés autour d’un candidat unique de l’opposition. Nous nous sommes rapprochés de Mgr Philippe Fanoko Kpodzro, archevêque émérite de Lomé, qui partage cette idée, pour que la coalition qu’il a lancée désigne Agbéyomé Kodjo comme son candidat ».

Querelles intestines

Depuis la mi-janvier, Brigitte Adjamagbo-Johnson en est d’ailleurs devenue la porte-parole. À 65 ans, Agbéyomé Kodjo peut s’appuyer sur son Mouvement patriotique pour la démocratie et le développement (MPDD) et se targue d’être le candidat « naturel » de l’opposition.

Président de l’Assemblée nationale de 1999 à 2000, puis Premier ministre jusqu’en 2002, sous le président Gnassingbé Eyadéma, il est considéré comme un transfuge du système, capable de le dynamiter.

Mais l’ancien cacique du Rassemblement du peuple togolais, tombé en disgrâce au lendemain de la présidentielle de 2003, doit convaincre les autres factions de son camp. Jean-Pierre Fabre, leader de l’Alliance nationale pour le changement (ANC), principale force d’opposition du pays, a déjà annoncé sa candidature en octobre dernier.

Rongée par les querelles intestines et les guerres d’ego, la coalition, qui a perdu beaucoup de membres et d’influence, a-t-elle les moyens de rebondir ? Brigitte Adjamagbo-Johnson se montre confiante. « Malgré les départs, les fondements sont solides, et la C14 demeure la troisième force politique du pays au vu des résultats des élections locales », avance-t-elle.

Ressentiments

Un avis que ne partage pas Kokou Folly Hetcheli, universitaire et analyste politique : « L’opposition est épuisée. Elle n’est pas restée cohérente dans sa quête du pouvoir et en son sein subsiste des ressentiments voire des incompréhensions nuisibles à sa capacité de mobilisation », décrypte-il.

Rassemblant à l’origine quatorze partis politiques, comme son nom l’indique, la Coalition ne compte désormais que la Convention démocratique des peuples africains, les Forces démocratiques pour la République, les Démocrates socialistes africains, l’Union des démocrates socialistes et enfin les Démocrates.

L’avenir de la C14 semble être plus que jamais compromis

« La C14 reste l’ombre d’elle-même, réduite à sa portion congrue », résume Kokou Folly Hetcheli. Le scrutin du 22 février s’annonce donc pour elle comme un véritable test, au moment où « son avenir semble être plus que jamais compromis », selon l’analyste politique.

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