Transport terrestre

Bras de fer entre l’État sénégalais et Eiffage autour du tarif de l’autoroute Dakar-AIBD

Omar Youm, ministre sénégalais des Infrastructures (à gauche), et Xavier Idier, DG de Senac SA, filiale d'Eiffage (à droite)

Omar Youm, ministre sénégalais des Infrastructures (à gauche), et Xavier Idier, DG de Senac SA, filiale d'Eiffage (à droite) © JA

Faut-il baisser le prix de l’autoroute entre Dakar et l’aéroport international Blaise Diagne ? La question oppose le concessionnaire Senac SA, propriété d’Eiffage, aux ministres de l’Économie et des Infrastructures.

Sensibles, les négociations ont commencé le 4 février. D’un côté, l’État sénégalais – représenté par l’Agence de promotion des investissements et des grands travaux, le ministère des Infrastructures dirigé par Omar Youm et celui de l’Économie d’Amadou Hott – entend renégocier la concession de l’autoroute Dakar-Aéroport international Blaise-Diagne (AIBD). Dans sa ligne de mire notamment : une baisse des tarifs.

De l’autre, le concessionnaire Senac SA, filiale du français Eiffage pilotée par Xavier Idier, s’y oppose, rappelant que les prix du péage ont déjà baissé (de 3 000 à 2 000 francs CFA pour un véhicule léger), à la fin de 2018, par décision de l’État.

Contexte tendu

Pour cette autoroute à péage, l’un des premiers partenariats public-privé de ce genre en Afrique de l’Ouest, plus de 300 millions d’euros ont été investis par le Sénégal, les bailleurs de fonds et Eiffage.

La tension est déjà montée, récemment, à Dakar. En janvier, des propos attribués à Xavier Idier émettant de fortes réserves sur l’opportunité d’une renégociation avaient indigné le Forum civil, section locale de Transparency International, et Mbagnick Diop, le président du Mouvement des entreprises du Sénégal, qui s’est offusqué que « l’État n’a[it] pas perçu un seul centime des redevances de l’autoroute à péage ».

Dans ce contexte tendu, l’exécutif semble vouloir jouer l’apaisement et assure qu’un compromis est possible. Un officiel dakarois contacté par Jeune Afrique a mis en avant l’existence de « clauses de rendez-vous » pour justifier la renégociation. Sollicité, Eiffage a confirmé la tenue de discussions, mais indiqué ne plus vouloir communiquer à ce stade.

Dans son rapport d’activité 2018, le groupe soulignait qu’une baisse de tarif ne pourrait intervenir qu’en contrepartie de « la prolongation de la durée de la concession dans les limites légales » ou « d’autres mesures compensatoires ».

« Le trafic a continué de progresser en 2018, à la suite de l’ouverture de l’Aéroport international Blaise-Diagne en décembre 2017, et le chiffre d’affaires a atteint 46,1 millions d’euros, en progression de 28,8 % », notait le groupe français.

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