Assurances

La présidence de la Fanaf au cœur d’une rivalité Gabon-Cameroun

Le Gabonais César Ekomie-Afene (à gauche) dispute au Camerounais Théophile Gérard Moulong (à droite) la présidence de la Fédération des sociétés d'assurances de droit national africaines.

Le Gabonais César Ekomie-Afene (à gauche) dispute au Camerounais Théophile Gérard Moulong (à droite) la présidence de la Fédération des sociétés d'assurances de droit national africaines. ©

Le Gabonais César Ekomie-Afene dispute au Camerounais Théophile Gérard Moulong la présidence de la Fédération des sociétés d’assurances de droit national africaines. Entre l’assurance-vie pour l’un, et la micro-assurance et la digitalisation pour l’autre, leur rivalité renvoie aussi à celle entre leurs deux pays au sein de l’Afrique centrale.

En vertu d’une règle implicite, le président de la Fédération des sociétés d’assurances de droit national africaines (Fanaf) vient alternativement d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale. Le 19 février, c’est donc un ressortissant de cette dernière région qui devrait logiquement être élu pour succéder au Sénégalais Adama Ndiaye.

Il ne veut pas le reconnaître, mais le Gabonais César Ekomie-Afene, 66 ans, est bien décidé à briser le ­quasi-monopole camerounais sur le poste : les trois derniers présidents de la Fanaf issus d’Afrique centrale venaient de Yaoundé. Volontiers cocardière, la presse gabonaise ne manque d’ailleurs pas de relever ce détail que l’intéressé n’estime toutefois « pas fondamental ».

Deux candidats très expérimentés

Ekomie-Afene devra pourtant faire face à un candidat qui vient justement du Cameroun, Théophile Gérard Moulong, son cadet de un an, actuel patron des branches vie et non-vie de Saham Cameroun. Celui qui préside ­l’Association des sociétés d’assurance du Cameroun (Asac) entend pérenniser la mainmise de son pays sur ce poste stratégique.

Les deux postulants ont en commun une expérience de presque quarante ans dans le secteur. César Ekomie-Afene a débuté à l’Union Assurances Gabon qu’il a dirigée, avant de prendre en main la filiale locale d’Axa puis celle de NSIA.

Actuellement président du conseil d’administration de Nelson Re, la branche réassurance de NSIA, ainsi que de ses filiales camerounaise, gabonaise, congolaise et sénégalaise, il a un temps assuré la vice-présidence de la Fanaf.

Pur produit de l’Institut international des assurances de Yaoundé, Théophile Gérard Moulong a débuté quant à lui dans le courtage avant d’effectuer sa carrière à la Citoyenne Assurances, qui deviendra successivement Colina, dont il a dirigé les filiales togolaise et guinéenne, puis enfin Saham, où il a un temps géré la branche réassurance à Casablanca.

Cette élection prend aussi les contours d’un duel entre les deux grands groupes panafricains NSIA et Saham, respectivement d’origine ivoirienne et marocaine. Si les deux candidats s’accordent sur l’urgence de faire progresser le taux de pénétration de l’assurance, bloqué à 2 % en zone Cima et à 3 % dans le continent, ils divergent sur la stratégie à suivre.

Priorités différentes

Le Camerounais considère l’assurance-vie comme la priorité des priorités et insiste sur l’innovation dans la création des produits, les canaux de distribution et l’indemnisation des clients. Il souhaite aussi un traitement différencié des pays dans le relèvement à 5 milliards de francs CFA du capital minimum des sociétés présentes en zone Cima, actuellement planifié en mai 2021. « Il est possible d’envisager un calcul indiciel du capital social exigé aux compagnies plus en adéquation avec l’environnement économique », estime-t-il.

Affiche de la compagnie d'assurances NSIA sur la VDN en direction de l'aéroport Le 3 février 2014. Dakar. Senegal.

Affiche de la compagnie d'assurances NSIA sur la VDN en direction de l'aéroport Le 3 février 2014. Dakar. Senegal. © Sylvain CHERKAOUI

Son concurrent gabonais mise quant à lui beaucoup sur la micro-assurance et la digitalisation, et compte mettre l’accent sur la formation. Il est également favorable à l’instauration d’un agrément unique pour accélérer la logique d’intégration au sein de la Cima. « La démarche n’est pas aisée, car elle comporte des préalables comme l’harmonisation fiscale et une réflexion sur les modalités de transferts des devises », précise-t-il toutefois.

Quant aux sujets de convergence, Théophile Moulong et César Ekomie-Afene militent tous deux pour l’accroissement du nombre d’assurances obligatoires et la mise en place de mécanismes de coassurance et de réassurance à l’échelon régional pour améliorer la rentabilité de ­l’industrie.

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