Diplomatie

[Tribune] Mythe panarabe et « deal du siècle »

Par

Neila Latrous est rédactrice en chef Maghreb & Moyen-Orient de Jeune Afrique.

Le président palestinien Mahmoud Abbas lors d'une réunion au Conseil de sécurité de l'ONU, le 11 février 2020.

Le président palestinien Mahmoud Abbas lors d'une réunion au Conseil de sécurité de l'ONU, le 11 février 2020. © Seth Wenig/AP/SIPA

Unanimes sur le fait de ne jamais faire la paix avec l’État d’Israël à l’issue de la guerre des Six-Jours, en 1967, les pays arabes sont aujourd’hui divisés sur le « deal du siècle » proposé par le président américain Donald Trump. Pourquoi un tel revirement ?

Certaines dates marquent l’histoire. 1967, par exemple. Cette année-là, depuis Montréal, Charles de Gaulle lançait « Vive le Québec libre ! » Au Gabon, Omar Bongo Ondimba installait un long règne de quarante et un ans, aujourd’hui prolongé par son fils Ali, tandis que l’étoile de Che Guevara s’éteignait en Bolivie.

Les pays arabes, lourdement défaits à l’issue de la guerre des Six-Jours, juraient quant à eux, à Khartoum, de ne pas reconnaître l’État d’Israël, de ne jamais négocier ni faire la paix avec lui. Un « triple non » signé par l’Égypte, le Maroc, l’Algérie, la Syrie, la Jordanie, le Liban, l’Irak et le Soudan.

A posteriori, il est permis de considérer que 1967 signe l’acte de décès du panarabisme tant ce « triple non » était tout sauf un soutien sincère à la Palestine. D’abord parce que la plupart des signataires réaffirmaient un droit des (autres) peuples à disposer d’eux-mêmes, quand ils déniaient ce même droit aux leurs en piétinant chez eux les libertés fondamentales. Ensuite parce que le ver de la désunion était déjà dans le fruit de la solidarité arabe.

Condamnées à revivre l’Histoire

Depuis, l’histoire a démontré que des négociations secrètes ont bien eu lieu avec des responsables israéliens pendant les six ans durant lesquels la résolution de Khartoum était supposément en vigueur. En 1973, les masques tombent : les discussions se déroulent urbi et orbi après la guerre du Kippour. L’Égypte et son voisin fument le calumet de la paix à Genève. Amman emboîtera le pas au Caire. Ci-gît le mythe du nationalisme arabe.

Si les États sont le fruit des indépendances, la Nation, elle, est millénaire

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