Politique

Algérie : retour gagnant sur la scène politique pour Brahim Bouzeboudjène

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Déclaration à la presse de Brahim Bouzeboudjene, président de la Commission nationale de prévention et de lutte contre la corruption

Déclaration à la presse de Brahim Bouzeboudjene, président de la Commission nationale de prévention et de lutte contre la corruption © AP/SIPA

Nommé directeur de cabinet du Premier ministre le 29 décembre, Brahim Bouzeboudjène, haut fonctionnaire associé à la lutte anticorruption, fait son grand retour.

« Un vrai commis de l’État, droit, intègre, bosseur et connaisseur du fonctionnement de cette grosse machine qu’est le palais du gouvernement », confie un ancien ministre. Ex-directeur du budget, l’homme a fait l’essentiel de sa carrière dans la finance et connaît les arcanes de l’institution.

Et pour cause : il occupait les lieux, comme directeur de cabinet du Premier ministre, lors du premier mandat d’Abdelaziz Bouteflika. C’est Ali Benflis, nommé chef de l’exécutif en 2000, qui l’avait promu à ce poste, alors même que Bouzeboudjène, se pensant fini, s’était retiré dans son village de Kabylie.

Quelques mois auparavant, l’ancien ministre des Finances Abdellatif Benachenhou l’avait relevé de ses fonctions de secrétaire général du ministère.

Bête noire de Benachenhou

Réhabilité, Bouzeboudjène restera d’ailleurs la bête noire de Benachenhou, qui se plaint auprès de Benflis de son retour rue Docteur-Saâdane. Inflexible, Benflis fait savoir qu’il est hors de question pour lui de changer de directeur de cabinet, sermonne Benachenhou, qu’il raccompagne au seuil de son bureau.

Le limogeage de Benflis, en 2003, précipite le départ de Bouzeboudjène et sa nouvelle placardisation. Novembre 2010 signe la fin de la retraite. Le haut fonctionnaire est nommé à la tête de l’Organe national de prévention et de lutte contre la corruption (ONPLC).

Comme toutes les structures créées durant le règne de Bouteflika pour combattre la corruption, cet organe n’a pas brillé par sa célérité et son efficacité. Son président n’en a pas moins lancé des signaux d’alerte sur l’ampleur de la prévarication qui touche le plus haut sommet de l’État.

Anecdote cocasse : dans une note adressée aux membres de son gouvernement en novembre 2014, l’ancien Premier ministre Abdelmalek Sellal appelait à accélérer la lutte contre la corruption et à intensifier la collaboration avec l’organe dirigé par Bouzeboudjène. La recommandation est restée lettre morte.

De l’eau a coulé sous les ponts depuis, et une quinzaine d’anciens ministres, dont Sellal, dorment aujourd’hui à la prison d’El-Harrach, en attendant d’être jugés pour des faits de corruption présumée.

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