Politique

RDC : Félix Tshisekedi hausse le ton face à Kabila

Le chef de l’État congolais, le 20 janvier, à Londres.

Le chef de l’État congolais, le 20 janvier, à Londres. © Henry Nicholls/REUTERS

Le président congolais, après avoir envisagé une dissolution de l’Assemblée nationale, poursuit son bras de fer avec le FCC de Joseph Kabila, à qui il attribue le blocage de plusieurs de ses initiatives.

C’est parce qu’il est très attaché à sa réforme constitutionnelle, qui prévoit notamment le retour à une élection présidentielle à deux tours, que Félix Tshisekedi a publiquement menacé, le 19 janvier à Londres, où il assistait au sommet Royaume-Uni - Afrique, de dissoudre l’Assemblée nationale.

Sa crainte est que celle-ci, qui est contrôlée par le FCC de Joseph Kabila, ne fasse obstacle au projet. Le 16 janvier déjà, le chef de l’État congolais avait brandi la même menace lorsqu’il avait convoqué Jeanine Mabunda et Alexis Thambwe Mwamba, présidents respectivement de la Chambre basse et du Sénat.

Mais, depuis, Tshisekedi a, selon nos informations, décidé de calmer le jeu. Le 23 janvier, il a envoyé son haut représentant, Kitenge Yesu, informer Kabila qu’il n’avait pour l’instant pas l’intention de dissoudre l’Assemblée – ce discret entretien a duré deux heures.

Trois ministres dans le viseur de Tshisekedi

Le président et son prédécesseur se rencontreront très prochainement afin de tenter d’apaiser les tensions qui subsistent. Outre l’épineux dossier de la dette de la Gécamines, ils devraient surtout parler des nominations à la tête des entreprises publiques et des régies financières (Direction générale des impôts, Direction générale des douanes et accises…).

Tshisekedi accuse par ailleurs certains ministres de bloquer ses initiatives sur ordre du FCC. Toujours selon nos informations, José Sele Yalaghuli (Finances), Clément Kuete Nymi Bemuna (Portefeuille) et Célestin Tunda Ya Kasende (Justice) sont directement visés. Le premier est accusé de bloquer les financements du « programme des cent jours », le deuxième, de contrer ouvertement les directives de Tshisekedi, et le troisième, de refuser d’entériner les ordonnances du 3 juin 2019 nommant les nouveaux dirigeants de la Gécamines et de la SNCC.

Tshisekedi soupçonne ces ministres d’obéir à Néhémie Mwilanya, le coordinateur du FCC, et à Emmanuel Ramazani Shadary, candidat du FCC à la dernière présidentielle.

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