Politique

Tunisie : dix choses à savoir sur Elyes Fakhfakh, nouveau chef du gouvernement

Le nouveau chef du gouvernement tunisien Elyes Fakhfakh

Le nouveau chef du gouvernement tunisien Elyes Fakhfakh © FETHI BELAID/AFP

Nommé chef du gouvernement tunisien le 20 janvier, cet ancien ministre social-démocrate a jusqu’au 20 février pour convaincre les députés de lui accorder leur confiance.

• Sfax

Il est né et a grandi dans la seconde ville du pays. Pour cette région longtemps tenue à l’écart du pouvoir, sa nomination sonne comme une revanche sur les élites politiques du Sahel et de Tunis.

• Total

Ingénieur de formation et expert en management, ce dirigeant d’entreprise de 47 ans a travaillé dans le secteur privé, en Tunisie et à l’étranger, notamment chez Total, où il a fait la connaissance de Mehdi Jomâa, devenu par la suite chef du gouvernement.

• Troïka

Entré en politique en 2011, il a rejoint le parti social-démocrate Ettakatol et a été l’une des chevilles ouvrières du projet de troïka gouvernementale, qui a permis à sa formation de codiriger le pays de 2012 à 2014 avec le parti Ennahdha (islamiste) et le CPR.

• Outsider

Alors qu’il ne figurait qu’en huitième position sur la liste que les partis lui avaient soumise, le président de la République l’a choisi, ce 20 janvier, comme chef du gouvernement. Sa candidature avait été proposée par les libéraux de Tahya Tounes avec l’aval du Courant démocrate, soit un ensemble de 36 députés. Les autres formations, qui ont recueilli davantage de voix aux législatives, estiment que la volonté des électeurs n’a pas été respectée.

• Ennahdha

Le 22 janvier, il a quitté ses fonctions à Ettakatol, qui n’a aucun député à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), sans pourtant en démissionner. En revanche, il est très proche de Rached Ghannouchi, président d’Ennahdha et de l’ARP.

• Amnistie

Il a acquis de l’expérience et une connaissance des rouages de l’administration lors de son passage au ministère du Tourisme, puis des Finances, en 2011-2014. Ses détracteurs lui reprochent cependant d’avoir réintégré les bénéficiaires de l’amnistie générale dans la fonction publique et de leur avoir accordé des dédommagements : une mesure qui grève encore le budget de l’État.

• Couac

Au temps où il était ministre et alors que la Tunisie était frappée par des attentats terroristes, il avait, dans une interview, justifié la circulation des armes par le besoin des citoyens d’assurer leur propre sécurité.

• Présidentielle

Après une éclipse de cinq ans, il a obtenu le parrainage (sous forme de signature) de plusieurs députés islamistes pour déposer sa candidature à la présidentielle de 2019. Pendant sa campagne, il s’est distingué en soutenant les libertés individuelles, le principe d’égalité (notamment en matière successorale), et en s’opposant à la peine capitale. Il n’a recueilli que 0,34 % des suffrages.

• Programme

Son programme de chef de gouvernement repose sur une réforme du secteur public et de l’économie, assortie d’une plus grande justice sociale. Il veut « changer de logiciel », redonner du sens à la « valeur travail » afin que le pays gagne en compétitivité, et promouvoir « une société de citoyenneté » fondée sur la dignité et l’égalité des chances.

• Défis

Passé l’étape du vote de confiance de l’ARP, le 20 février, il devra éviter de tomber dans le piège d’une répartition des portefeuilles selon la représentativité des formations politiques au détriment de la compétence. Un choix délicat : il risque soit d’être l’otage des partis d’une Assemblée très morcelée, soit d’être confronté à une forte opposition.

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