Politique

Guinée-Bissau – Umaro Sissoco Embaló : « Alpha Condé, Macky Sall, Compaoré, Sassou Nguesso, Kadhafi et moi »

Umaro Sissoco Embaló, lors de l’entretien à Paris, le 21 janvier 2020.

Umaro Sissoco Embaló, lors de l’entretien à Paris, le 21 janvier 2020. © Vincent Fournier/JA

Donné vainqueur par la commission électorale mais contesté devant la Cour suprême, l’ancien Premier ministre raconte pour JA ses liens avec les puissants du continent. Et il ne mâche pas ses mots. Entretien avec un homme atypique.

Sûr de lui, affable et volubile, le président élu de Guinée-Bissau enchaîne les rendez-vous dans un petit salon de l’hôtel Claridge à Paris. De passage dans la capitale française, Umaro Sissoco Embaló reçoit hommes d’affaires, communicants et familiers… mais pas (ou pas encore) d’officiels : en ce 21 janvier de grande froidure, celui que ses partisans appellent « general do povo », en référence à ses deux étoiles de général de brigade, n’est pas encore tout à fait chef de l’État, même si la confirmation par la Cour suprême du résultat de l’élection présidentielle du 29 décembre n’est, à ses yeux, qu’une simple formalité, malgré le contentieux électoral qui perdure.

Pendant une heure, cet ancien Premier ministre de 47 ans, dont l’atypisme et le « parler cash » détonnent dans le club policé des présidents du continent, a déroulé pour Jeune Afrique l’étonnant parcours de sa vie. À l’évidence, ce polyglotte aussi à l’aise en français, en espagnol et en anglais qu’en portugais, l’idiome officiel de son petit pays d’un peu moins de 2 millions d’habitants, n’a pas encore appris à manier la langue de bois.

Jeune Afrique : Vos adversaires du PAIGC, le Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert, contestent votre élection, et la Cour suprême a de nouveau demandé une vérification des procès-verbaux. Cela vous inquiète-t-il ?

Umaro Sissoco Embaló : C’est du cinéma ! La Cour suprême n’a d’ailleurs pas demandé à recompter les voix, puisque cela n’est pas prévu par la loi électorale. J’ai parlé à Domingos Simões Pereira, candidat face à moi au second tour. Je comprends qu’il continue de contester le résultat. Il a reçu le soutien de nombreux pays, de l’Angola à la Côte d’Ivoire, en passant par la Guinée-Conakry. Il doit leur rendre des comptes.

Votre parcours est assez méconnu. On vous prête des origines éclatées entre plusieurs pays… Pourriez-vous assembler les pièces de votre puzzle familial ?

Du côté de ma mère, mon grand-père était malien, c’était un Bambara ; ma grand-mère était guinéenne, c’était une Peule de Labé, dans le Fouta-Djalon. Moi, je suis né à Bissau, où j’ai été scolarisé. Quant à mon père, c’était un caporal de l’armée bissau-guinéenne.

Comment êtes-vous entré dans l’armée ?

À l’âge de 18 ans, j’ai fait mon service militaire. Je suis resté dans l’armée et j’ai obtenu une bourse pour étudier au Portugal. J’ai passé une licence en relations internationales à l’Institut supérieur de sciences politiques et sociales de Lisbonne. J’ai ensuite eu une autre bourse pour passer un master et un doctorat, en Espagne, et suivre des cours au Centre d’études supérieures de la Défense, à Madrid. Puis je suis parti en Israël, où j’ai rejoint le Centre d’études stratégiques internationales de Tel-Aviv.

Avant de revenir à Bissau pour poursuivre votre carrière militaire…

Oui, j’ai été commandant, puis colonel. Je suis ensuite devenu le ministre d’État aux Affaires présidentielles de Malam Bacai Sanhá. Un scrutin présidentiel a été organisé quelques mois après sa mort [en janvier 2012, à Paris, des suites d’une maladie]. Mais un coup d’État est survenu entre les deux tours. Le chef d’état-major de l’époque, Antonio Injai, m’a appelé, mais je lui ai dit que je n’étais pas disposé à retourner dans l’armée. J’avais alors le grade de général de brigade.

Vous avez aussi été consultant dans le privé, notamment en Libye. Comment avez-vous rencontré le colonel Kadhafi ?

C’est Blaise Compaoré qui me l’a présenté. Lui, je l’ai connu en 1998, lors du sommet de l’OUA [Organisation de l’Unité africaine] au Burkina. J’y représentais le président Nino Vieira. Blaise Compaoré lui avait fait affréter un avion pour qu’il puisse venir, mais nous avions reçu des informations selon lesquelles il y avait des tirs en Guinée-Bissau. Il ne s’est donc pas déplacé, et je me suis retrouvé à assister au sommet, entre les chefs d’État. Blaise Comparé, qui m’avait demandé mon numéro de téléphone, m’a appelé quelque temps plus tard. Il m’a invité au Burkina, et c’est comme cela que nous avons commencé à nouer des relations.

Un jour, lors d’un dîner à la présidence, à Ouagadougou, il m’a demandé ce que je faisais à Lisbonne. Je lui ai répondu que j’y vivais avec ma femme, chez mon père, car la situation en Guinée-Bissau n’était pas stable. Il s’est enquis du prix des appartements, et je lui ai dit qu’avec 100 000 euros il était possible d’avoir un beau logement. En sortant de table, il m’a donné une enveloppe avec deux liasses de billets. J’ai appelé ma femme, qui m’a dit de ne surtout pas y toucher. De retour à Lisbonne, on s’est rendu compte qu’il s’agissait en fait de deux liasses de 50 000 euros, en billets de 500 ! J’ai envoyé un message au président Compaoré pour lui dire qu’il m’avait donné beaucoup d’argent et que je n’en voulais pas. Il m’a répondu qu’il ne voulait rien entendre. Nous avons donc acheté un appartement. Quand je suis reparti le voir, il m’a fourni un passeport diplomatique pour toute ma famille. Blaise Compaoré m’a tout donné.

Umaro Sissoco Embaló, déclaré vainqueur de l'élection présidentielle en Guinée-Bissau. À Paris, le 21 janvier 2020.

Umaro Sissoco Embaló, à Paris, le 21 janvier 2020. © Vincent Fournier/JA

C’est par son entremise que vous avez rencontré Mouammar Kadhafi ?

Oui. Un jour, Kadhafi m’a vu avec lui, et nous avons commencé à parler. Il a demandé que je vienne le voir en Libye et m’a présenté à son directeur de cabinet, Béchir Saleh. Kadhafi m’a dit qu’il voulait investir en Afrique et qu’il souhaitait avoir auprès de lui quelqu’un qui connaissait bien le continent. C’est ainsi que j’ai intégré le LAIP, le Libya Africa Investment Portfolio, autrement dit le fonds souverain libyen dont Béchir Saleh était le PDG. Il ne m’a pas proposé de contrat écrit : il m’a dit qu’en Libye il n’y avait pas de papiers, car la parole du « Guide » valait décret.

Kadhafi m’a longuement parlé de son Livre vert, de son parcours, il m’a raconté qu’il était issu d’une famille pauvre, qu’il était bédouin… Il m’a confié le respect qu’il vouait aux révolutionnaires de la première heure qu’étaient, à ses yeux, Amílcar Cabral, Thomas Sankara et Denis Sassou Nguesso. Nous avons tissé une relation forte. Béchir Saleh m’avait prévenu que tout le monde aurait peur de moi, car j’étais l’ami du « Guide ».

Kadhafi m’a dit qu’à chaque fois qu’il serait en présence de chefs d’État il me ferait appeler pour que je prenne des notes. « Parfois, je ne te dirai rien, mais je te ferai appeler. » Et effectivement, quand des présidents étaient accueillis en Libye, il me demandait d’être là. Je venais et, parfois, il ne me parlait pas. Mais les autres dirigeants me voyaient, et cela suffisait à les impressionner.

Un jour, à Tripoli, alors qu’une vingtaine de chefs d’État étaient autour de lui, il nous a demandé, à Béchir Saleh et à moi, de marcher à ses côtés. Sur le chemin du retour, Omar Bongo est venu me demander qui j’étais. Je lui ai répondu que j’étais un petit guide, et que je m’appelais moi aussi Omar. Il a alors appelé Jean Ping et m’a présenté en disant : « Voici le petit Bongo. Il s’appelle Omar, comme moi, et les Omar sont des gens intelligents ! »

Quel poste occupiez-vous en Libye ?

J’étais le conseiller en relations internationales de Béchir Saleh. Mais j’ai rapidement quitté le LAIP car j’étais toujours avec Kadhafi. Il me chargeait de missions et, quand les gens lui demandaient quelque chose, il les dirigeait vers moi. Il acceptait que je lui dise des choses que d’autres n’osaient pas lui dire. Je lui parlais de façon très franche. Il me disait que je deviendrais un leader. Nous avions de l’affection l’un pour l’autre.

Mes liens avec Macky Sall, qui m’appelle toujours « Comandante », sont très forts

Comment avez-vous connu le président sénégalais, Macky Sall, dont vous dites aujourd’hui qu’il est comme un frère ?

C’était pendant les troubles en Guinée-Bissau. Macky Sall était alors ministre de l’Intérieur [d’août 2003 à avril 2004] et gérait certains dossiers liés à la Guinée-Bissau. À l’époque, j’étais moi-même ministre auprès du Premier ministre, chargé de la coopération. Je faisais la liaison entre Bissau et Dakar. Nous parlions la même langue, le peul. Il m’appelait « jeune frère », je lui répondais « grand frère ». C’est ainsi que s’est nouée notre relation. Avant l’assassinat du président Vieira, en 2009, la situation était tendue à Bissau et je suis venu habiter à Dakar chez Macky Sall. Sa femme, Marième, m’a dit qu’ils étaient désormais ma famille à Dakar. Je suis resté chez eux pendant trois ans. Mes liens avec Macky Sall, qui m’appelle toujours « Comandante », sont très forts.

Un jour, alors que j’étais au Sénégal, j’ai fait une grave crise de paludisme. Certains pensaient que j’allais mourir. Marième est restée avec moi pendant une semaine entière, du matin au soir. Je n’avais personne, ils étaient ma famille. Au fil du temps, leur maison est devenue une base pour tous les exilés bissau-guinéens ! Quand Malam Bacai Sanhá est décédé, en 2012 donc, je suis revenu à Dakar. Macky Sall et moi étions tous deux en disgrâce. Je l’ai présenté à Blaise Compaoré, je l’ai amené en Libye, et j’ai parlé de lui aux présidents Omar Bongo Ondimba et Denis Sassou Nguesso. J’étais à ses côtés quand il a créé son parti. Un jour, le président Abdoulaye Wade nous a d’ailleurs fait convoquer à la Division des investigations criminelles. Les autorités sénégalaises ont fait fermer mes comptes bancaires.

Ils auraient pu vous expulser !

Oui, mais j’ai appelé Thabo Mbeki, en Afrique du Sud, et il est intervenu en ma faveur, tout comme Blaise Compaoré. Plus tard, j’ai revu Abdoulaye Wade en Libye, et il m’a dit que je pouvais rester chez Macky, mais sans faire de politique.

Le Nigérian Muhammadu Buhari vous a aussi aidé…

Buhari, c’est mon père. Je le connais depuis des années. Je l’ai rencontré au Burkina, mais pas par l’entremise de Blaise Compaoré. À l’époque, il dirigeait une association d’éleveurs fulanis. Quand je suis devenu chef du gouvernement, il a été le premier à m’avoir invité dans son pays. Il m’a envoyé un avion, il m’a reçu à son domicile – ce qui est très rare. Il m’a dit qu’il était fier de ce que j’avais accompli en tant que Premier ministre.

Après la proclamation des résultats de la présidentielle de la fin 2019, il m’a dit qu’il fallait immédiatement que j’aille voir Denis Sassou Nguesso, indépendamment de la façon dont il m’avait appuyé. Le président congolais est un homme que je respecte beaucoup. C’est l’une de mes références, comme l’était Nino Vieira. Je l’appelle « papa ».

Il y a une histoire compliquée et douloureuse entre Alpha Condé et vous. Cela est-il lié à l’expulsion de Necotrans du port de Conakry ? Vous y avez travaillé comme conseiller du PDG, Richard Talbot…

C’est exact, mais ce n’est pas lié à cette affaire. J’ai rencontré Alpha Condé chez Blaise Compaoré, à l’époque où il était opposant. Ses amis étaient mes amis et nous avions les mêmes ennemis. Il m’appelait « fiston », et moi je l’appelais « président ». Il avait beaucoup d’estime à mon égard, et j’avais beaucoup d’affection pour lui. Cette animosité que je lui inspire aujourd’hui, je ne la comprends pas. Lui seul sait d’où elle vient.

Votre brouille est donc apparue subitement ?

Oui. Il est venu assister à la prestation de serment du président José Mário Vaz, en 2014. J’avais alors été chargé d’accueillir des chefs d’État, et j’ai senti qu’il était froid. Nous nous sommes revus à Dakar pendant un sommet, et certains dirigeants ont commencé à me demander ce qu’il se passait entre lui et moi. José Mário Vaz m’avait prévenu : « Il y a deux personnes qui ne t’aiment pas : Yahya Jammeh et Alpha Condé. » Plus tard, j’ai revu Alpha Condé à New York, en marge de l’Assemblée générale de l’ONU, et j’ai compris qu’il éprouvait une vraie animosité à mon égard. J’ai appris qu’il parlait mal de moi devant tous les chefs d’État, il a tout fait pour gâter mon nom. Alors je suis à mon tour devenu très hostile à son égard, pour lui montrer qu’il n’était pas mon père.

Je ne cherche pas l’apaisement avec Alpha Condé, il m’a fait trop de mal. J’attends ses excuses.

Vos relations amicales avec son principal opposant, Cellou Dalein Diallo, n’ont-elles pas pu provoquer cette animosité ?

Cellou, c’est mon parent peul. Si je peux le soutenir de quelque façon que ce soit, je le ferai.

Mais Alpha Condé et vous êtes voisins. Vous allez devoir prononcer des paroles d’apaisement, aller à Conakry à un moment ou à un autre… Une réconciliation est-elle possible ?

C’est vrai qu’il n’y a pas d’ennemi permanent dans la vie et qu’il est désormais mon homologue. Je suis un musulman croyant, je n’ai pas de haine. On peut tourner la page, mais c’est lui qui doit faire le premier pas, car c’est lui qui est en tort ! Souvenez-vous qu’il a mis la Guinée-Bissau à genoux en étant le prétendu médiateur de la Cedeao. C’était en 2017, et c’est la plus grande humiliation que mon pays ait subie. Je ne le tolérerai plus, c’est terminé : Alpha Condé ne sera plus médiateur en Guinée-Bissau.

Ce que vous dites est très dur…

Mais c’est ma position. Je ne cherche pas l’apaisement avec Alpha Condé, il m’a fait trop de mal. J’attends ses excuses. Il a soutenu mon adversaire, mais il ne s’est pas arrêté là. Il n’a aucun respect pour moi, et je n’ai aucun respect pour lui.

En visite à Brazzaville il y a quelques jours, vous avez dit qu’il s’agissait de propos de campagne, et que vous ne l’attaqueriez plus aussi frontalement…

Oui, mais s’il ne mâche pas ses mots, il me trouvera debout face à lui. Il faut qu’il soit attentif. Nous sommes des voisins immédiats.

N’avez-vous pas peur que ce style « cash » vous desserve ?

Je suis comme ça, je ne changerai pas.

Quelles sont vos relations avec le président malien Ibrahim Boubacar Keïta ?

Elles sont bonnes. Je l’appelle « tonton », à cause des origines de ma mère.

Avec l’Ivoirien Alassane Ouattara ?

Nous ne sommes pas des amis. Nous sommes des homologues. Mais je parle presque chaque jour avec son fils David. Lui, c’est mon ami.

La Guinée-Bissau est un petit pays, mais, comme le dit Paul Kagame, petit pays ne veut pas dire petit État

Et avec les pays européens ?

Avant-hier, j’ai déjeuné à Lisbonne avec le Premier ministre et avec le président portugais. Le Portugal sera notre porte d’entrée en Europe et nous serons la leur dans la Cedeao. La Guinée-Bissau est un petit pays, mais, comme le dit le président rwandais Paul Kagame, petit pays ne veut pas dire petit État. Je suis président désormais. Mes interlocuteurs, ce sont mes homologues. Rencontrer de simples conseillers Afrique ne m’intéresse plus.

Si votre victoire est proclamée de façon définitive, vous allez devoir cohabiter avec le PAIGC, qui détient la majorité relative à l’Assemblée. Vous avez dit que vous pourriez inviter un membre de ce parti à former un gouvernement. Le confirmez-vous ?

Pourquoi pas.

On vous prête l’intention de dissoudre l’Assemblée nationale. L’envisagez-vous ?

Avec moi, toutes les options sont toujours sur la table.

Concernant le trafic de drogue…

Je vous arrête : il n’y a pas de trafic de drogue en Guinée-Bissau ! Les Bissau-Guinéens n’en consomment pas, ils n’ont pas l’argent pour en acheter. Nous savons qui sont les narcotrafiquants, ceux qui permettent le transit de la drogue, et ce ne sont pas des militaires, ce sont des politiciens ! Comment financeraient-ils leur campagne sans cela ? Ils n’ont pas signé avec le Real Madrid ou le FC Barcelone, leur argent vient bien de quelque part…

La Guinée-Bissau va changer. Désormais, chaque membre du gouvernement, chaque député, moi-même, nous devrons tous avoir un casier judiciaire vierge. Je veux aussi pouvoir permettre au procureur de me convoquer. Personne ne sera au-­dessus des lois.

Des partisans de Umaro Sissoco Embaló, dans les rues de Bissau, le 22 novembre 2019.

Des partisans de Umaro Sissoco Embaló, dans les rues de Bissau, le 22 novembre 2019. © REUTERS/Christophe Van Der Perre

On vous a également prêté l’intention de rétablir la peine de mort pour les trafiquants. Qu’en est-il ?

Je suis contre la peine de mort, mais je promets des peines lourdes à ceux qui ternissent l’image de notre beau pays. Je serai intransigeant. Selon les échos qui me sont revenus, les trafiquants ont commencé à quitter le pays depuis mon élection, car ils savent ce qui les attend. En Guinée-Bissau, c’est terminé la République bananière. C’est l’homme qui fait la fonction.

Les réseaux sociaux se sont délectés d’une polémique sur votre situation matrimoniale et d’une guerre des premières dames…

Les choses sont claires, il n’y a qu’une seule première dame : Dinisia Reis Embaló. C’est la mère de mes enfants.

Et la femme d’affaires guinéenne Tigui Camara ?

Je l’ai rencontrée lors du sommet de l’UA à Niamey, en juillet dernier. Elle n’a jamais été mon épouse. La vidéo de notre prétendu mariage religieux à Dakar est un montage, et, de toute façon, ce type d’union n’a aucune valeur légale en Guinée-Bissau. Cette histoire m’a beaucoup touché, et je me demande si cette dame n’a pas été envoyée par quelqu’un pour me nuire. Mais je n’en dirai pas plus.

D’où vient le keffieh que vous portez ?

De l’époque où je poursuivais mes études au Portugal : un ami me l’a ramené d’un voyage en Égypte. Je l’ai adopté en le nouant à ma manière, pas à la façon des Saoudiens. Quand la campagne pour les législatives a commencé à Bissau, on ne me reconnaissait que quand je le portais. Au début, des membres de mon parti ont craint que je ne sois associé aux Frères musulmans et voulaient que je cesse de le mettre, mais je n’ai pas voulu céder. J’ai importé des milliers de keffiehs et j’ai commencé à en distribuer partout. Même dans les zones animistes, on m’en demandait !

Si le contentieux électoral est purgé et que votre victoire est confirmée, quand aura lieu l’investiture ?

Entre le 19 et le 20 février. Alpha Condé sera bien sûr invité. Viendra-t-il ? C’est à lui de décider.

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