Politique

Tunisie – Ridha Chiheb el-Mekki : « Le président essaie de trouver un équilibre »

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Mis à jour le 04 février 2020 à 15h17
Le président tunisien Kaïs Saïed, le 13 janvier 2020.

Le président tunisien Kaïs Saïed, le 13 janvier 2020. © Présidence tunisienne

Le président tunisien Kaïs Saïed doit faire en sorte que l’enthousiasme généré par sa victoire reste vivace, estime Ridha Chiheb el-Mekki, proche soutien de Kaïs Saïed, surnommé « Ridha Lenine » pour son engagement à gauche au sein du syndicat étudiant Uget puis d’El Watad.

Politique intérieure, diplomatie, désignation d’Elyes Fakhfakh à la tête du gouvernement tunisien…  Ridha Chiheb el-Mekki, proche soutien du président, dresse le bilan des cent premiers jours de Kaïs Saïed.

Jeune Afrique : Quel bilan tirez-vous des cent premiers jours de Kaïs Saïed à Carthage ?

Ridha Chiheb el-Mekki : Trop tôt pour juger ! Le président essaie de trouver un équilibre. Il ne s’est pas beaucoup déplacé à l’étranger, sans doute attend-il la formation du gouvernement et la nomination d’un ministre des Affaires étrangères.

Il ira à Alger, c’est indispensable [le président tunisien sera reçu par son homologue algérien Abdelmadjid Tebboune dimanche 2 février, ndlr], mais jusqu’ici les Algériens avaient aussi des priorités intérieures. Sur le plan national, Kaïs Saïed doit faire en sorte que l’enthousiasme généré par sa victoire reste vivace. Mais surtout pas créer un parti !

Nombre de ses militants sont issus de la gauche. Cette tendance pèse-t-elle dans ses choix ?

À l’université, dans les années 1980, nous avions des rapports d’amitié, pas des rapports politiques. Nous nous sommes retrouvés en 2012. Des cellules se sont alors coordonnées de manière horizontale. En 2014, il a décidé d’être candidat à la présidence de 2019. Ceux qui se sont rencontrés autour de lui ont mené des débats pour se débarrasser des notions de droite et de gauche. C’est une nouvelle manière d’appréhender la politique. Moi-même, je suis devenu critique à l’égard de certaines thèses du marxisme.

Que pensez-vous du choix de Fakhfakh à la tête du gouvernement ?

C’est un homme correct, avec une approche sociale-démocrate. Il a été choisi comme indépendant et sera jugé sur l’exécution de son programme. Je ne pense pas que les députés aient d’autre choix que de voter la confiance s’ils veulent éviter des élections anticipées. À titre personnel, j’aurais préféré la désignation de Hakim Ben Hammouda, plus proche des idées du président, notamment sur la reformulation du contrat social.

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